Plaisirs de Pâques

L'incontournable des petits et des grands

Marquée par les traditions, Pâques célèbre le renouveau entre symboles religieux et coutumes populaires. Cet événement rassemble familles et amis à travers le monde, autour de moments gourmands et conviviaux.

Un peu d’histoire

D’origine chrétienne, Pâques commémore la résurrection du Christ, moment central du calendrier liturgique. Mais bien avant cela, des civilisations antiques célébraient déjà le retour du printemps et la renaissance de la nature, à l’instar des fêtes païennes dédiées à Ostara chez les peuples germaniques ou à Cybèle dans la Rome antique.

Dans la tradition juive, la Pessa’h marque la libération du peuple hébreu d’Égypte et se célèbre à la même période.

Aujourd’hui, les festivités varient selon les cultures : en France et en Belgique, les cloches apportent les œufs en chocolat, tandis qu’en Allemagne, c’est le lièvre de Pâques qui les cache dans les jardins.

Au Mexique, la Semana Santa donne lieu à de grandes processions, et en Grèce, on partage l’agneau pascal dans une ambiance festive. Pâques demeure une fête universelle aux multiples facettes, entre spiritualité et réjouissances familiales.

Les traditions gastronomiques de Pâques à travers le monde

Pâques se décline en une multitude de traditions culinaires, chaque pays célébrant à sa manière et mettant à l’honneur des plats autant symboliques que savoureux, avec une constante : le plaisir de partager des mets généreux en famille ou entre amis. On vous emmène pour un tour du monde des spécialités pascales :

 

France : l’agneau pascal et les chocolats gourmands

En France, l’agneau pascal, souvent préparé en gigot rôti ou en navarin, est un incontournable du repas de Pâques, en référence à la tradition chrétienne.

Côté douceurs, les cloches en chocolat, les œufs, les lapins et les fritures de Pâques envahissent les étals des pâtisseries et chocolateries, ravissant petits et grands.

En Alsace, on déguste également le lammele, un biscuit en forme d’agneau saupoudré de sucre glace.

Italie : la colomba et les festins familiaux

En Italie, Pâques est synonyme de Colomba di Pasqua, un gâteau brioché en forme de colombe, garni d’amandes et de sucre perlé, rappelant le panettone de Noël. Les familles partagent aussi des plats riches comme l’agnello al forno (agneau rôti), accompagné d’artichauts ou de pommes de terre.

Dans le sud du pays, la Torta Pasqualina, une tourte feuilletée aux épinards et à la ricotta, est un grand classique.

 

Espagne : la Mona de Pascua et les délices sucrés

En Espagne, Pâques est marquée par la Semana Santa, une période de grandes processions et de repas festifs. La Mona de Pascua, un gâteau orné d’œufs durs ou en chocolat, est offert aux enfants par leurs parrains et marraines.

On retrouve aussi les Torrijas, des tranches de pain trempées dans du lait, frites et saupoudrées de sucre et de cannelle, une douceur populaire pendant cette période.

Royaume-Uni et États-Unis : l’Easter Ham et les Hot Cross Buns

Dans les pays anglo-saxons, on savoure traditionnellement l’Easter Ham, un jambon cuit souvent glacé au miel ou à l’ananas. En dessert, les Hot Cross Buns, de petites brioches épicées marquées d’une croix, rappellent la crucifixion du Christ et se dégustent le Vendredi saint.

Aux États-Unis, les œufs de Pâques sont au centre des festivités, avec la célèbre chasse aux œufs organisée à la Maison Blanche.

Grèce : l’agneau à la broche et la tsoureki

En Grèce, la Pâques orthodoxe est une célébration particulièrement festive, où l’on prépare l’agneau à la brocheaccompagné de légumes et de pain azyme.

La Tsoureki, une brioche parfumée à la fleur d’oranger et décorée d’un œuf rouge, est un symbole de renaissance et d’abondance.

 

Mexique : la Capirotada et les plats traditionnels

Au Mexique, la Semana Santa est l’occasion de préparer des plats typiques comme la Capirotada, un pudding de pain sucré garni de fruits secs et de fromage.

Pendant cette période, on privilégie les recettes à base de poisson et de légumes, en raison du jeûne pratiqué par de nombreux croyants.

 

Russie : le koulitch et la paskha

En Russie, où Pâques orthodoxe est une fête très importante, on déguste le Koulitch, une brioche haute et sucrée, recouverte d’un glaçage blanc et de fruits confits.

La Paskha, un dessert à base de fromage blanc, de fruits secs et de miel, est également incontournable.

Et en Alsace ?

Le Lammele, dessert phare de la région

Le Lammele est un biscuit de type génoise moulé en forme d’agneau et que l’on prépare traditionnellement à Pâques.

Cette pâtisserie typiquement alsacienne régalait les enfants au retour de messe après le temps du Carême.

Ses origines

On dit que le Lammele n’est pas né par hasard, qu’il découlerait du stock d’œufs accumulés au temps du Carême.

Riche en œufs, ce biscuit en forme d’agneau était offert par le fiancé à sa promise pour symboliser leur amour, dès le XVIe siècle en Alsace. Les enfants en recevaient également au retour de messe du dimanche de Pâques.

Très présent dans les traditions juive et chrétienne, l’agneau Pascal est un symbole religieux qui fait référence à l’agneau immolé lors de la Pâques juive. Dans les représentations, on retrouve l’agneau (ou agnelle) couronné d’une auréole et portant une bannière.

À la sortie du four, on recouvre le Lammele de sucre glace et on le décore d’un petit drapeau en papier de soie au couleur du Vatican (jaune et blanc), de l’Alsace (rouge et blanc), ou du printemps (rose, vert, bleu, …)

Pas de Lammele sans moule

Reconnaissable par sa forme d’agneau, la génoise est traditionnellement cuite dans un moule en terre cuite. De cette manière, le délicat parfum d’agrume serait préservé plus longtemps après cuisson.

En Alsace, la poterie est un savoir-faire ancestral qui perdure grâce à la longévité et à l’éveil de quelques artisans, notamment à Soufflenheim où on trouve encore ce genre de moule. Mais comme toute tradition populaire, il existe une multitude de variantes : en argile, en fer, de tailles et de formes distinctes.

Une collection belle collection de moules à Lammele est conservée au Musée alsacien à Strasbourg.

Recette du Lammele

Ingrédients pour 1 agneau de 330 g :

60 g de farine tamisée Type 45

90 g de sucre semoule

1 sachet de sucre vanillé

Le zeste d’un demi-citron

30 g de fécule de maïs

3 blancs d’œufs (90 g environ)

4 jaunes d’œufs (80 g environ)

30 g de beurre fondu

1 pincée de sel

Environ 20 g de beurre (moule)

Environ 20 g de farine tamisée type 45 (moule)

30 g de sucre glace (décoration)

Préparation :

Tamiser la farine et la fécule de maïs ensemble. Préparer le zeste de citron. Fondre le beurre assez chaud (40°C minimum). Séparer le jaune des blancs d’œufs. Monter en neige les blancs d’œufs avec le sucre semoule, le sucre vanillé et la pincée de sel, jusqu’à obtention d’une mousse ferme et lisse. Incorporer les jaunes d’œufs dans les blancs montés délicatement à l’aide d’une maryse ou spatule. Ajouter le mélange farine-fécule en pluie, toujours délicatement. Prélever un peu de ce mélange (environ ¼) pour le mélanger à part avec le beurre chaud et le zeste. Continuer le mélange des deux masses délicatement.

Cuisson :

Graisser généreusement les 2 parties du moule à l’aide d’un mélange beurre-farine (réalisé au préalable, ex: 100 g de beurre et 50 g de farine). Fermer les 2 parties du moule à Lammela avec le crochet. Verser la masse à biscuit dans le moule. Enfourner à 170°C pendant 35 à 40 minutes environ.

À l’aide de la pointe d’un couteau, vérifier la cuisson. La lame doit ressortir sèche, si ce n’est pas le cas, laisser cuire encore quelques minutes tout en vérifiant la cuisson.

Au terme de la cuisson, attendre 5 minutes avant d’ouvrir et de démouler l’agneau. (Attention : Ne pas laisser le Lamala refroidir sinon il restera accroché au moule !)

Après refroidissement et avant de le servir, saupoudrer de sucre glace.

Les chocolats de Pâques

Les chocolats de Pâques trouvent leurs racines dans une tradition médiévale où l’œuf, symbole de renaissance et de fertilité, était décoré et offert pour marquer le renouveau printanier. À l’époque, pendant le Carême, les familles conservaient précieusement leurs œufs pour célébrer la fin de la privation, en les décorant avec soin. Avec l’essor industriel au XIXe siècle, le chocolat devient plus accessible et les premières tentatives de moulage en forme d’œufs voient le jour. Ceux-ci étaient plutôt denses et amers, et d’abord réservés aux classes privilégiées.

 

Il était une fois…

On raconte qu’à l’origine un chocolatier français du XIXe siècle aurait offert à sa maîtresse un œuf en chocolat finement orné, symbolisant la délicatesse et la fertilité de son amour. Cette anecdote aurait contribué à populariser cet acte romantique et poussé le public à s’offrir du chocolat pour Pâques.

L’Alsace a vu naître plusieurs dynasties industrielles notables aux XIXee et XXee siècles, notamment dans le secteur du chocolat.

Les familles pionnières du chocolat en Alsace

Monsieur Schaal

En 1871, Monsieur Schaal établit son activité de chocolatier sur les bords de l’Ill, à Strasbourg, au cœur du quartier historique de la Petite France. Héritier d’un savoir-faire familial, il développe la fabrication de friandises chocolatées qui séduisent rapidement les gourmets. Ses créations contribuent à asseoir la réputation de Strasbourg comme ville chocolatière.

 

Famille Adam

En 1912, les frères Adam fondent la Confiserie Adam, à Herrlisheim- près-Colmar, qui propose alors principalement des bonbons en sucre. Dans les années 1980, Fernand Adam amorce la fabrication des dragées à base d’amandes, de noisettes ou de chocolat. En 1983, l’entreprise reprend les établissements Wolf et ses Bonbons Loup, et plus tard, élargit sa gamme avec les enrobés chocolat. Allier tradition et innovation dès sa création, fit la force de la confiserie.

 

Famille Burrus

La famille Burrus, initialement connue pour ses manufactures de tabac depuis 1814, diversifie ses activités au début du XXe siècle. En 1920, Fernand Burrus fonde la chocolaterie Omnia à Saint- Dié-des-Vosges. Son fils, Paul Burrus, poursuit le développement de l’entreprise, faisant d’Omnia un acteur majeur du chocolat en Alsace, notamment avec l’acquisition de l’entreprise Schaal à Strasbourg.

Henri et Amélie Abtey

En 1946, le couple Abtey crée une confiserie-chocolaterie dans la cave de leur maison à Mulhouse. Leur entreprise familiale se distingue par l’innovation, notamment avec le lancement en 1961 des chocolats fourrés à la liqueur sans cristallisation de sucre. Leur passion et leur savoir-faire ont permis à la chocolaterie de prospérer et de devenir une référence en Alsace.

 

Les frères Bruntz

En 1960, trois frères passionnés de chocolat fondent la chocolaterie Bruntz à Kingersheim. À la fin des années 1980, ils innovent en créant une truffe fantaisie en forme de kougelhopf, emblème de l’Alsace. Cette création unique, joignant fondant et onctuosité, contribue à la renommée de l’entreprise familiale en séduisant les gourmands bien au-delà des frontières régionales.

Pierre Hermé,

Architecte du goût et pionnier de la Haute-Pâtisserie

Héritier d’une lignée de pâtissiers Alsa- ciens, Pierre Hermé s’est imposé comme l’un des plus grands noms de la pâtisserie mondiale. Après un apprentissage chez Gaston Lenôtre, il affine son art chez Fauchon et Ladurée, avant de fonder en 1997 la Maison Pierre Hermé Paris avec Charles Znaty.

Visionnaire, il révolutionne le métier en créant le concept de Haute-Pâtisserie, où chaque dessert est conçu comme une œuvre d’art, associant textures et saveurs inédites. Ses créations iconiques, comme l’Ispahan ou le 2000 Feuilles, font aujourd’hui partie du patrimoine gastronomique français.

 

Sacré Meilleur Pâtissier du Monde en 2016, il est également Chevalier de la Légion d’Honneur et Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres. Il multiplie les collaborations prestigieuses, de Dior à Séoul au Ritz Carlton, présent dans 13 pays avec plus de 50 boutiques, et continue d’innover avec des concepts comme la Gourmandise Raisonnée®.

En mêlant savoir-faire traditionnel et créativité, Pierre Hermé a élevé la pâtisserie au rang d’art culinaire mondialement reconnu.

Pâques en Alsace, programme et animations

Bas-Rhin : marchés de Pâques et jeux pour les enfants

Dans le Bas-Rhin, on retrouve des marchés animés et des événements ludiques, comme à Châtenois : les remparts accueillent un marché artisanal ainsi qu’une chasse aux œufs, avec également des balades à poney, un stand de maquillage et la visite de Madame et Monsieur Lapin.

À Nordhouse, c’est un marché dédié à la décoration et à l’artisanat, accompagné d’ateliers créatifs pour les enfants, d’un spectacle du clown Charly et de la présence du lapin de Pâques.
À Schnersheim, plus de 40 exposants seront présents avec un espace bricolage pour enfants, une mini-ferme, un concours de Lammele et plusieurs chasses aux œufs.

Strasbourg propose quant à elle un village de Pâques sur la Place Saint-Thomas, avec des produits du terroir, des créations artisanales et diverses animations.
Pour les amateurs d’aventure, une chasse aux œufs en forêt est organisée à Saverne par le Club Vosgien, tandis qu’à Sélestat, les enfants de 3 à 8 ans pourront partir à la recherche des œufs cachés au Jardin Hortus Beatus.

Les lieux historiques sont aussi à l’honneur, avec notamment une chasse aux œufs originale dans le château-fort de Wangenbourg. Enfin, Ottrott et Benfeld proposent des marchés de Pâques festifs, avec des balades à dos d’âne, une ferme pédagogique, une chasse au trésor et même une fête foraine pour ravir toute la famille.

Haut-Rhin : traditions, marchés et découvertes printanières

Dans le Haut-Rhin, les festivités de Pâques présentent de façon similaire un mélange de marchés traditionnels, animations familiales et rendez-vous gourmands.
À Kaysersberg, une exposition-vente met à l’honneur les œufs décorés et objets artisanaux, avec une présentation d’animaux de basse-cour. Hégenheim accueille un marché pascal avec près de 40 exposants, des animations et un concours de décoration d’œufs pour les enfants.

Côté chasses aux œufs, Thann propose une grande collecte pour les enfants de 3 à 11 ans, ponctuée d’ateliers maquillage, jeux en bois et gourmandises. À Horbourg-Wihr, on retrouve une chasse aux œufs gratuite, agrémentée de jeux et d’animations pour les plus jeunes. À Lapoutroie, un rallye pédestre familial invite petits et grands à explorer le village tout en résolvant des énigmes pour retrouver les gourmandises cachées.

Le marché paysan de Ribeauvillé célèbre quant à lui l’arrivée du printemps avec des exposants en tenue traditionnelle, une mini-ferme, des balades à poney et des animations musicales. À Colmar, la Fête du Printemps propose une immersion dans l’univers pascal avec des marchés, des expositions de créateurs et un festival de musique.

Enfin, à Guebwiller, un marché de Pâques animé par des concerts, des animaux de la ferme et des animations pour enfants viendra clôturer en beauté les festivités.

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