Questions de Chef 2026 :
la tomme pur brebis
entre dans les cuisines de demain

Article du 10 juin 2026

L’Interprofession Lait de Brebis des Pyrénées-Atlantiques lance une nouvelle opération culinaire ambitieuse : Questions de Chef – Saison 2026.

Quatre chefs du Sud-Ouest, caméra au poing et tablier de rigueur, relèvent le défi de réinventer les produits au lait de brebis dans des recettes créatives filmées directement dans leurs cuisines.

Une initiative qui dépasse le simple exercice de style pour incarner une véritable stratégie de valorisation d’une filière emblématique du territoire.

Une filière qui mise sur la modernité

Deuxième bassin de production de lait de brebis en France et premier département français en production fermière, les Pyrénées-Atlantiques portent une filière qui mobilise plus de 2 300 producteurs sur 1 200 exploitations. Pourtant, malgré la renommée de ses fromages — à commencer par l’Ossau-Iraty —, les usages culinaires modernes de ces produits restent encore largement méconnus du grand public.

C’est précisément ce paradoxe que cherche à lever l’opération Questions de Chef. Inspirée de l’univers télévisuel de Top Chef, elle s’articule autour de trois temps forts : la création de recettes filmées dans les cuisines des quatre chefs participants, un jeu-concours Instagram ouvert tout le mois de juin, puis une battle finale le 7 juillet au restaurant Ithurria d’Ainhoa, maison du chef étoilé Xavier Isabal, parrain et ambassadeur de l’opération.

« La tomme pur brebis et les produits au lait de brebis font partie de notre identité culinaire. Cette opération montre que tradition et créativité peuvent aller de pair, et que notre terroir a encore beaucoup à raconter », souligne Xavier Isabal.


Bastien Soumoulou sublime la cuisine basque à Saint-Jean-de-Luz

Chef du restaurant Ilura à l’Hôtel La Réserve de Saint-Jean-de-Luz

À la pointe Sainte-Barbe, face à l’Atlantique, le restaurant Ilura de l’Hôtel La Réserve à Saint-Jean-de-Luz s’est trouvé un chef à sa mesure.
Bastien Soumoulou, trente ans à peine, impose déjà une signature culinaire aussi précise que singulière : une cuisine du Pays Basque ancrée dans les filières courtes, portée par une technique irréprochable forgée auprès des plus grands.

Des Pyrénées à l’Atlantique : une trajectoire jalonnée d’influences

Originaire de Galez, petit village des Hautes-Pyrénées où il grandit dans la ferme familiale, le chef a construit son parcours dans des maisons d’exigence.
Il fait ses classes auprès de Xavier Isabal à l’Ithurria d’Ainhoa, avant de rejoindre les cuisines des Prés d’Eugénie, à Eugénie-les-Bains, sous la direction de Michel Guérard — père de la nouvelle cuisine française et triple étoilé au Guide Michelin.
Une école de la précision et de la légèreté dont il garde la marque. Il peaufine ensuite sa technique au Château de Brindos à Anglet et au Café de Paris à Biarritz, deux adresses phares de la Côte Basque.

Ilura : une cuisine d’ancrage et d’audace

Depuis 2023, il orchestre la table Ilura avec un parti pris clair : valoriser les producteurs et pêcheurs locaux, fréquenter le marché de Saint-Jean-de-Luz et composer des assiettes qui racontent le territoire sans effets de manche. Foie gras, algues et salicorne ; veau, coques et vinaigre de mimosa ; lieu jaune, andouille basque et betterave — les associations jouent la carte terre-mer

avec finesse et audace. Le Guide Michelin salue une cuisine créative et moderne, servie dans un cadre panoramique exceptionnel.

Une cuisine engagée, au-delà de la table

À trente ans passés, ce chef discret et enthousiaste a trouvé son équilibre entre la rigueur héritée de ses maîtres et la liberté que lui offre un terroir exceptionnel. Sur la terrasse d’Ilura, face à l’Atlantique, il semble avoir trouvé à la fois sa maison et son horizon.
Le Guide Michelin salue une cuisine « créative et moderne » servie par un chef qui sait « mêler les produits de la mer et des terres ». Gault & Millau le recense parmi les tables notables du Pays Basque.
Un chef à suivre de près, et une adresse à inscrire sans attendre dans son carnet gastronomique basque.

Sa création pour Questions de Chef : le From’Algue de Brebis

Ce qui distingue Bastien Soumoulou, au-delà de la technique, c’est une vision cohérente de son rôle dans l’écosystème local.

Sa création illustre parfaitement cette philosophie : un crémeux d’échalotes au miso, une salade de laitue de mer et wakame assaisonnée au vinaigre nori, des cubes de fromage fermier, un siphon au fromage d’estives et une touche finale d’Izarra verte gélifiée. Trois produits de la filière — fromage fermier, fromage d’estives et yaourt de brebis — pour une assiette qui joue sur la profondeur iodée et la douceur lactée.

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Restaurant Ilura — Hôtel La Réserve, Pointe Sainte-Barbe, 1 rue Gaëtan-de-Bernoville, Saint-Jean-de-Luz (64500).

Valentin Leroux, la mer en direct au cœur de Saint-Jean-de-Luz

Chef du restaurant La Boëte à Saint Jean-de-Luz

Il y a des restaurants qui se décrivent, et d’autres qui s’expliquent d’eux-mêmes. La Boëte fait partie de la seconde catégorie. Niché dans les ruelles du centre de Saint-Jean-de-Luz, ce bistrot de la mer ouvert en 2013 porte l’empreinte de deux hommes : Arnaud Leroux, ancien pêcheur et ostréiculteur qui gère l’écaille et les plateaux, et Valentin Leroux, le chef. Deux Normands d’origine qui ont fait du Pays Basque leur port d’attache définitif.

Formé à l’école hôtelière de Tourcoing, Valentin Leroux revendique une passion de la cuisine héritée, selon ses propres mots, de la cuisinière landaise Maïté. Une filiation gourmande qui dit beaucoup de son rapport au produit : direct, sincère, sans intermédiaire inutile. Sa cuisine est dictée par la marée et les saisons. Pas de carte figée, pas d’effets de manche : homard bleu, poissons de ligne, coquillages — tout est frais, tout change, tout surprend.

La poissonnerie devient restaurant

L’adresse fonctionne également comme poissonnerie, permettant d’emporter les produits du jour. Un concept doublement

ancré dans le littoral basque, qui en fait l’une des tables les plus honnêtes de la côte.

En salle comme à l’étale, la règle est la même : ce qui est dans l’assiette vient d’être sorti de l’eau. Basquement ancré depuis plus d’une décennie, ce Normand adopté a fait du marché local sa seule boussole.

Une table à inscrire sans attendre dans son carnet de la Côte Basque.

Sa création pour Questions de Chef : son maigre fumé en carpaccio

filet salé puis fumé au foin, tranché finement — est accompagné d’un condiment de courgette et fraise à l’huile d’olive et au basilic, de copeaux de brebis affiné et d’une chantilly légère au fromage frais de brebis montée au siphon. Une composition qui joue sur les oppositions cru/fumé et acidité/douceur lactée, dans une interprétation résolument estivale.

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Restaurant La Boëte
6, rue R. Daguenet, Saint-Jean-de-Luz (64500)

Mathis Devaux, prodige des Landes et maître de sa propre maison

Chef de la Maison Devaux à Rion-des-Landes

Fils et petit-fils de cuisinières, fils de restaurateur, neveu de cuisinier : Mathis Devaux est né dans les casseroles. Il a juste mis très peu de temps à en devenir le maître.

Son parcours est celui d’un précoce méthodique. Ses débuts se font à 15 ans à Montpellier, auprès de Grégory Rogé à la Chichoumeille, puis avec Nicolas Méot au White Beach — un chef reconnu pour sa créativité qui lui permet de passer d’apprenti à second en quelques mois. Il décroche ensuite la première place au concours du Meilleur Apprenti de France.

En 2016, il intègre la brigade des frères Pourcel au Jardin des Sens, maison doublement étoilée. Puis vient l’expérience décisive : chef exécutif auprès d’Antoine Westermann, trois étoiles Michelin pendant plus de vingt ans. En 2020, il co-ouvre le Mimosa à Palavas-les-Flots avec sa mère.

Une cuisine tournée vers les produits locaux

En 2023, à 25 ans, il pose ses valises à Rion-des-Landes pour ouvrir Maison Devaux. Une bâtisse à colombages typique des Landes, un cadre chaleureux,

une cuisine bistronomique moderne et rigoureuse tournée vers les producteurs locaux : cochon noir de Gascogne, truite des Pyrénées, légumes de saison.

Le Guide Michelin le recense parmi les tables incontournables des Landes. Une adresse qui confirme qu’on peut viser très haut depuis un village du Sud-Ouest.

Sa création pour Questions de Chef : Tomate, brebis, ventrèche de Bigorre, petit pois, basilic

Un consommé clair de tomate et ventrèche obtenu par égouttage à l’étamine, une raviole fine garnie de brousse de brebis, d’Ossau-Iraty, de tomate confite et de piment d’Espelette, une émulsion chaude de brebis au siphon, et une garniture jouant sur les textures — petits pois au gras de ventrèche, chips croustillantes, poudre de tomate déshydratée et huile de basilic.
Une architecture d’assiette rigoureuse où chaque élément raconte le territoire.

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Maison Devaux
70, rue du Commerce, Rion-des-Landes (40370)

Thomas Tainturier, une cuisine des Hautes-Pyrénées sans compromis

Chef du restaurant Les Singes Gourmands à Tarbes

À 24 ans, Thomas Tainturier est peut-être le chef le plus discret de sa génération dans les Hautes-Pyrénées. Bigourdan d’origine, il a grandi au contact des produits de son territoire avant de les mettre au centre d’un projet culinaire cohérent et affirmé : les Singes Gourmands, son restaurant tarbais labellisé Hapy’Saveurs, ouvert avenue des Forges.

Le concept repose sur trois mots qu’il revendique sans complexe : sain, équilibré, gourmand. Dans un cadre zen et végétal — bien loin des codes habituels de la restauration locale — il compose des assiettes qui travaillent l’équilibre nutritionnel autant que le plaisir gustatif. Des produits sourcés chez les producteurs pyrénéens — truite des Pyrénées, fromage de pays, saumon de fontaine — des préparations nettes, une générosité sincère.

L’établissement est également engagé dans une démarche locavore assumée, qui valorise l’écosystème local à chaque service.

Une cuisine des Hautes-Pyrénées

Ce qui frappe chez Thomas Tainturier, c’est la clarté du propos à un âge où

beaucoup cherchent encore leur voie. Il sait ce qu’il veut mettre dans l’assiette,  d’où ça vient, et pourquoi. Sa cuisine parle directement des Hautes-Pyrénées — de leurs éleveurs, de leurs producteurs, de leurs saveurs franches.

Dans un territoire qui n’a pas toujours la lumière gastronomique qu’il mérite, les Singes Gourmands s’imposent comme une adresse à part, tenue par un chef à suivre de très près.

Sa création pour Questions de Chef : Poireau grillé, mousse de brebis, cube pané & jambon noir de Bigorre

Sa proposition est expressive et gourmande : un poireau grillé à la plancha, une mousse aérienne de brebis au siphon, des pickles d’oignons rouges et de fenouil, un cube de brebis pané en croûte de noisette frit à cœur, et une touche de jambon noir de Bigorre snacké. Une cuisine de contrastes — chaud/froid, fondant/croquant, douceur/acidité — fidèle à son style territorial et direct.

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Les Singes Gourmands
28-30, avenue des Forges, Tarbes (65000)

Un jeu-concours pour impliquer les consommateurs

Du 1er au 30 juin, les internautes sont invités à voter sur Instagram pour leur recette préférée parmi les quatre créations. Chaque semaine, un participant tiré au sort remporte un repas pour deux dans le restaurant du chef mis à l’honneur.

À l’issue du concours, un lauréat final aura l’opportunité de siéger au jury de la battle finale du 7 juillet, aux côtés de Xavier Isabal et du blogueur culinaire Christophe Rambeau.

Ce dispositif digital reflète une ambition plus large : reconnecter les jeunes consommateurs à des produits locaux authentiques, en s’appuyant sur les réseaux sociaux et l’univers de la gastronomie créative.

« Nos produits au lait de brebis sont à la fois authentiques et incroyablement modernes. Ils inspirent les chefs, séduisent les jeunes consommateurs et s’intègrent parfaitement dans les nouvelles habitudes culinaires », explique Frédéric Nerrière, président de l’Interprofession et directeur de la fromagerie Matocq à Asson.

Une stratégie de long terme pour la filière brebis des Pyrénées-Atlantiques

Au-delà de l’opération elle-même, Questions de Chef s’inscrit dans une stratégie de communication structurée, qui comprend également un livret-jeux sur le pastoralisme diffusé cet hiver dans les stations pyrénéennes, et fait suite au succès des Bêles Tapas 2024.

L’objectif est clair : faire des chefs des ambassadeurs naturels de la filière, valoriser un modèle agricole durable qui façonne les paysages et soutient l’économie locale, et assurer la transmission des savoir-faire aux nouvelles générations.

La filière brebis des Pyrénées-Atlantiques, ce sont aussi 61 millions de litres de lait collectés, 16 000 tonnes de fromages PPNC et 14 entreprises de transformation sur le département. Une réalité économique et culturelle majeure, que Questions de Chef ambitionne de faire vivre autrement — dans les assiettes, sur les écrans, et dans les mémoires.

crédits photos : Paul Flamini, Millet RP

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