Les Lacs vosgiens

Article du 29 mai 2026

Niché au cœur du Haut-Rhin, dans le massif des Vosges, le duo formé par le lac Blanc et le lac Noir est l’un des plus saisissants de la chaîne vosgienne. Leur origine glaciaire, creusés par les glaciers qui recouvraient les Vosges lors des dernières grandes glaciations il y a plus de 10 000 ans, explique leur forme en cuvette, leurs eaux profondes et leur température fraîche même en plein été.

 

Deux lacs, deux caractères

Le lac Blanc, le plus grand et le plus haut, couvre 29 hectares à 1 055 mètres d’altitude et atteint une profondeur de 72 mètres. Le lac Noir, 100 mètres en contrebas, couvre 14 hectares à 955 mètres d’altitude pour une profondeur de 45 mètres. Le lac Blanc doit son nom au sable quartzeux blanc qui tapisse son fond, tandis que le lac Noir doit le sien à la couleur de son fond de tourbière. Deux noms, deux âmes, deux palettes chromatiques selon la lumière du jour.

Une liaison industrielle et une histoire dramatique

Ce que peu de visiteurs imaginent en contemplant ces eaux paisibles, c’est que les deux lacs furent longtemps reliés à des fins industrielles. Le lac Blanc est relié par une conduite au lac Noir, situé 120 mètres en aval, où une centrale hydroélectrique avait été construite entre 1928 et 1933 par René Koechlin. Lors de la mise en service le 4 janvier 1934, la canalisation reliant la galerie à la centrale se rompit ; le toit de la centrale s’effondra sur le personnel, tuant neuf personnes. Après réparations, l’installation fut mise en service en 1938, avant d’être définitivement arrêtée en 2002 et détruite à l’explosif en 2014. Un monument commémoratif se dresse aujourd’hui au bord du lac Noir, en mémoire des victimes.

Le rocher Hans et ses légendes

Le lac Blanc est dominé par une importante roche appelée le rocher Hans, elle-même coiffée d’une statue de la Vierge. La légende raconte qu’un château médiéval surplombait jadis ce rocher, demeure d’un seigneur peu pieux dont les festins nocturnes auraient provoqué la colère du ciel. Il ne resterait de tout cela que ce rocher solitaire, veillant sur deux lacs aux eaux restées mystérieuses. Aujourd’hui, une école d’escalade est installée au rocher Hans, et en hiver, des cascades de glace allant jusqu’à 100 mètres de hauteur sont visibles dans ses environs. 

La baignade y est interdite, mais les sentiers enchantent

Il est important de le préciser avant d’enfiler le maillot : la baignade est strictement interdite au lac Blanc, les courants liés aux anciennes conduites forcées pouvant être dangereux et invisibles, et l’eau restant très froide même en été. Le secteur est aujourd’hui classé en réserve biologique protégée, et il est indispensable de rester sur les sentiers balisés pour préserver cet écosystème fragile. La randonnée des trois lacs, Blanc, Noir et des Truites, s’engage sur 12,6 kilomètres avec 597 mètres de dénivelé pour environ quatre heures de marche. 

Le lac de Kruth-Wildenstein, l'option famille

Pour ceux qui cherchent l’eau et les activités sans contraintes, le lac de Kruth-Wildenstein, plus accessible et situé à 545 mètres d’altitude, constitue une excellente alternative. Ce lac artificiel est le plus grand plan d’eau du versant alsacien du massif des Vosges, entouré de forêts et de hauts sommets. Canoë, pédalo, accrobranche, pêche, escalade et baignade sont proposés sur place, et les balades écotouristiques permettent de découvrir les ruines du château du Wildenstein ou les cascades du Bockloch toutes proches. Un cadre généreux où chacun trouve son rythme, du plus petit au plus grand.

Comment s’y rendre...

Contactez-nous

Demande d'accès aux textes & photos