La route des crêtes longe la ligne de faîte des Vosges, offrant des vues panoramiques alternant sur la plaine d’Alsace à l’est et les collines lorraines à l’ouest. Longue de 88 kilomètres, elle s’étend entre Sainte-Marie-aux-Mines au nord et Uffholtz au sud, à proximité de Cernay. Elle passe du nord au sud par le col du Bonhomme, le col de la Schlucht, le massif du Hohneck, le Markstein, le Grand Ballon et le Vieil Armand. Son point le plus élevé est à 1 341 mètres au col du Grand Ballon.
Née de la guerre, devenue route de légende
C’est une route stratégique construite par l’armée française pendant la Première Guerre mondiale pour relier les positions de la crête sans passer côté alsacien, alors territoire allemand. Ouverte à la circulation publique à partir de 1920, elle est devenue depuis l’une des routes panoramiques les plus fréquentées de France. Construite pour le ravitaillement du front des Vosges et l’évacuation des blessés vers l’arrière, les champs de bataille du Hartmannswillerkopf et du Linge, situés à sa proximité, rappellent encore cette origine douloureuse.
Le Vieil Armand, mémoire vive au bord de la route
Sur la route qui mène au Grand Ballon, le Hartmannswillerkopf, le Vieil Armand, témoigne des combats de la Grande Guerre. Environ 50 000 personnes y périrent entre 1914 et 1916. Ce site compte parmi les quatre monuments nationaux de la Première Guerre mondiale. Tranchées restaurées, cimetière militaire et historial constituent une halte poignante, dont le contraste avec la beauté des paysages alentour ne fait qu’en accentuer la gravité.
Les sommets, un à un
Le Grand Ballon, point culminant des Vosges à 1 424 mètres, constitue le clou du parcours. Depuis sa table d’orientation circulaire, le regard porte jusqu’à Mulhouse, Bâle, Fribourg-en-Brisgau et Colmar. Par temps clair, la chaîne des Alpes, du mont Blanc jusqu’à l’Autriche, apparaît en arrière-plan. Le massif du Hohneck, troisième sommet des Vosges à 1 363 mètres, surplombe la vallée des Lacs. Des chamois y escaladent les pentes escarpées et des troupeaux de vaches vosgiennes paissent sur les chaumes.
Les chaumes, les vaches et le repas marcaire
Au fil des siècles, les éleveurs de montagne, les marcaires, ont façonné ces vastes prairies d’altitude en défrichant la forêt pour y faire paître leurs troupeaux. Sur les hautes chaumes des Vosges, les célèbres vaches vosgiennes paissent encore aujourd’hui, leur lait destiné à la production du Munster, fromage alsacien par excellence.
Les fermes-auberges proposent le repas marcaire traditionnel, avec tourte de la vallée, pommes de terre roïgabrageldi, fromage de Munster et siaskas au kirsch. Une halte gourmande et rustique qui fait partie intégrante de l’expérience de la route.
En hiver, la route est fermée au nord entre le col de la Schlucht et le col du Calvaire, mais les tronçons accessibles offrent alors un spectacle neigeux d’une rare intensité.
Une route idéale à vélo ou en voiture décapotable pour découvrir l’Alsace depuis les sommets, à condition de ne pas être pressé.
crédit photo : visitalsace