Du 12 juin au 1er novembre 2026, le Musée Lalique de Wingen-sur-Moder vous invite à plonger dans une rétrospective exceptionnelle : Cristallisation, regard sur 15 ans de Lalique Art.
Le cristal comme terrain de rencontres
Tout commence en 2011 avec une œuvre qui fait sensation : la Victoire de Samothrace d’après Yves Klein, éditée en cristal teinté dans l’iconique bleu IKB de l’artiste. Une pièce fondatrice qui inaugure une aventure sans précédent, celle de Lalique Art, bras éditorial de la Maison, tissant au fil des années des dialogues inédits entre le cristal alsacien et les grands noms de la création mondiale.
Quinze ans et plus d’une quinzaine de collaborations plus tard, le Musée Lalique célèbre cet héritage vivant avec l’exposition Cristallisation. Treize artistes, trente-trois pièces, une seule conviction : le verre, selon les mots de René Lalique lui-même, est la matière merveilleuse. Fusible, malléable, capable d’être moulé, gravé, coloré, irisé, opaque ou translucide, il offre à l’artiste ingénieux un champ d’activité et de découverte presque sans bornes.
Un dialogue exigeant entre art et savoir-faire
Derrière chaque collaboration se cache une aventure humaine singulière. Marc Larminaux, directeur artistique et de la création de la Maison, rappelle combien chaque projet repose avant tout sur une relation de confiance. Certaines collaborations s’inscrivent dans la durée, d’autres se déploient plus rapidement, selon la proximité des méthodes de travail ou, au contraire, les écarts culturels et esthétiques à apprivoiser.
Car le cristal ne pardonne pas l’improvisation. Il exige une présence totale, une science des matériaux et une maîtrise technique que les équipes de la manufacture de Wingen-sur-Moder perpétuent avec rigueur. Pour chaque œuvre, il s’agit d’assurer l’interface entre une vision artistique et les réalités concrètes de la production — soufflage, moulage, ou technique de la cire perdue, cette méthode ancestrale que René Lalique affectionnait particulièrement pour ses pièces uniques, et que Lalique Art a remise au cœur de sa pratique éditoriale.
© Lalique SA
Treize univers, une même lumière
L’exposition réunit des personnalités aussi diverses que complémentaires. Yves Klein et son bleu outremer vibrant, traduit en cristal grâce à une formule secrète à base d’oxydes de cuivre et de cobalt. Rembrandt Bugatti et ses animaux modelés avec une vitalité saisissante — l’Éléphant dansant, sculpté en 1904, ressurgit ici en cristal ambré selon la technique de la cire perdue. Mario Botta, adepte du brutalisme géométrique, avec son vase Géo, carré parfait hérissé de pyramides jouant sur la lumière. Zaha Hadid et ses lignes fluides et minérales, caractéristiques de son style déconstructiviste, déclinées en vases et coupes de cristal bleu nuit. Damien Hirst, dont la série Eternal explore les symboles universels de la vie et de la mort. Terry Rodgers, qui réinterprète le mythique vase Bacchantes de René Lalique avec neuf silhouettes hyperréalistes — les Sirènes — après deux années d’échanges intenses avec les artisans de la manufacture.
Elizabeth de Portzamparc livre avec Tandrillah un vase twisté dont la forme complexe représente une prouesse technique autant qu’une réflexion sur la lumière et l’utopie. Nic Fiddian-Green transpose en cristal sa sculpture emblématique Still Water — une tête de cheval d’une sérénité absolue —, dont la transparence révèle une présence presque vivante. James Turrell, maître de la lumière, crée avec les équipes Lalique une série de panneaux Crystal Light et deux flacons-prismes, aboutissement de quatre années de collaboration. La Fondation Magritte permet quant à elle de voir en cristal des œuvres emblématiques du surréalisme belge — la pipe de La Trahison des images, la pomme du Prêtre marié, la girafe du Bain de cristal —, une collaboration qui se prolonge en 2026 avec Le Séducteur et La Promesse. Rudy Ricciotti signe Edificio, vase à la forme trapézoïdale conçu en écho au 19M, la manufacture de la mode de Chanel à Aubervilliers. Enfin, Han Meilin, dont les pandas Yuan-Yuan et Meng-Meng en cristal rendent hommage aux liens franco-chinois, et Fang Lijun, figure du réalisme cynique, dont L’homme qui bâille — tête rasée en cristal — transpose en trois dimensions son motif iconique.
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Aux origines d'une vocation
S’inscrire dans l’esprit de René Lalique, c’est aussi perpétuer une certaine idée de l’art accessible. Bijoutier d’avant-garde devenu grand maître du verre Art déco, le fondateur de la Maison croyait à la démocratisation de la beauté à travers les objets du quotidien, tout en créant des pièces uniques d’une rareté fascinante. Lalique Art prolonge cet héritage en affirmant son rôle d’éditeur et de passeur : chaque collaboration contribue à renouveler les savoir-faire verriers et à les inscrire dans la création contemporaine, conjuguant excellence technique et ambition artistique.
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Le Musée Lalique, écrin alsacien d'une aventure unique
Situé à Wingen-sur-Moder, dans le village même où se trouve la manufacture — unique lieu de production de cristal pour la marque —, le Musée Lalique a été créé en 2011 dans un bâtiment conçu par l’agence Wilmotte. Il présente plus de 650 œuvres, de la joaillerie Art nouveau au cristal contemporain, dans un parcours qui retrace l’histoire d’une Maison pas tout à fait comme les autres.
L’exposition Cristallisation vient enrichir les collections permanentes du 12 juin au 1er novembre 2026. Elle est commissariée par Véronique Brumm Schaich, avec une scénographie signée Alexandre Fruh (Atelier Caravane).
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