À Ebersheim,
Schmidt Groupe inaugure La Ruche

Article du 28 mai 2026

On connaît Schmidt pour ses cuisines. Pour les showrooms qui jalonnent les routes nationales, pour le buffet Heidi qui meublait les foyers alsaciens des années soixante, pour le sur-mesure industrialisé qui a révolutionné le marché de l’habitat. Moins connue du grand public, mais tout aussi révélatrice de l’âme de cette entreprise familiale, voilà La Ruche : un bâtiment de 6 790 m² inauguré à proximité de Sélestat, pensé dès l’origine pour accueillir 300 à 400 collaborateurs dans des conditions de travail qui feraient pâlir d’envie bien des groupes du CAC 40.

Un investissement de 30 millions d’euros, 90 % de fournisseurs locaux, une structure majoritairement en bois issu de forêts françaises, et 5 600 tonnes de CO₂ évitées sur cinquante ans. Ce n’est pas un bâtiment de bureaux, c’est une déclaration d’intention.

90 ans d'une saga alsacienne

Pour comprendre pourquoi Schmidt Groupe construit La Ruche de cette façon — en bois, en circuits courts, avec ses propres collaborateurs dans la boucle dès la conception —, il faut comprendre d’où vient l’entreprise.

Hubert Schmidt débute son travail en 1934 en Sarre, à Türkismühle, fabriquant d’abord des buffets solides et élégants. En 1959, avec le rattachement de la Sarre à l’Allemagne, il traverse la frontière et s’installe en Alsace, à Lièpvre, avec ses savoir-faire et ses ambitions. C’est là qu’il conçoit le buffet Heidi, meuble devenu incontournable dans les foyers français, alliant praticité et raffinement dans un esprit typiquement alsacien mêlant héritage et modernité.

L’entreprise a toujours été une affaire de famille au sens fort du terme. L’entreprise a même toujours été gouvernée par des femmes : lorsque le fondateur a été mobilisé en 1934, c’est son épouse qui a pris les commandes.

Après le décès brutal de Karl Leitzgen en 1995, c’est sa femme Antonia Schmidt, fille du fondateur, qui reprend la direction et instaure un modèle inédit en industrialisant le sur-mesure.

En 2006, Anne Leitzgen, petite-fille du fondateur, prend la présidence du groupe familial. Elle renforce le réseau de magasins exclusifs et amorce un premier virage stratégique : devenir un leader européen en se transformant en groupe international.

Aujourd’hui, Schmidt Groupe est certifié B Corp depuis novembre 2023 avec un score de 84,3 points — soit près du double du score médian des entreprises ordinaires passant la même évaluation — preuve d’un engagement RSE qui irrigue la stratégie depuis des décennies et non depuis une mode récente.

Un groupe en pleine accélération

Derrière la sobriété d’une entreprise familiale alsacienne se cache un groupe dont la dynamique actuelle est sans commune mesure.

Schmidt Groupe affiche un chiffre d’affaires Retail 2025 de 1,6 milliard d’euros, une croissance de 7 % des prises de commandes et une accélération internationale à deux chiffres — +12 % en Retail hors France, tirée notamment par l’Espagne, premier marché export.

Trente-quatre nouveaux magasins Schmidt ou Cuisinella ont ouvert en 2025, les activités d’aménagement hors cuisine franchissent le seuil des 10 % du chiffre d’affaires, et le segment B2B atteint déjà 4 % du CA Groupe. Une prise de participation majoritaire dans la start-up espagnole Cubro est venue consolider la stratégie digitale et ouvrir le commerce en ligne de cuisines.

Ce qui rend cette performance singulière, c’est qu’elle s’accompagne d’engagements sociaux et environnementaux concrets et mesurés. Pour la deuxième année consécutive, 5 % du bénéfice net a été redistribué aux salariés, au-delà des mécanismes habituels de participation et d’intéressement. La consommation d’électricité a reculé de 4 % et celle de gaz de 9 % en 2025, grâce notamment au déploiement d’ombrières photovoltaïques. Surtout, Schmidt Groupe a franchi un cap décisif en atteignant un approvisionnement en énergie 100 % verte sur l’ensemble de ses sites industriels français.

Des chiffres qui ne doivent rien au hasard ni à la communication, mais qui traduisent une conviction portée depuis des années par Anne Leitzgen : « l’entreprise de demain sera RSE ou ne sera pas. »

Repenser le travail depuis l'intérieur

La Ruche ne surgit pas de nulle part. Elle est l’aboutissement d’un programme lancé en 2021, baptisé Inspiring Working Spaces, qui constitue depuis lors la colonne vertébrale de la réflexion de Schmidt Groupe sur ses environnements professionnels.

Les retours des collaborateurs, recueillis à travers l’enquête interne Schmidt Groupe & Moi et différentes démarches participatives, ont mis en évidence des attentes concrètes : des espaces plus flexibles, plus lisibles et mieux adaptés aux usages du quotidien. Cette réflexion a été menée avec les équipes elles-mêmes, via des ateliers, des groupes de travail et des référents métiers — une démarche participative rare dans une entreprise industrielle de cette taille.

Depuis 2022, le programme IWS représente un investissement de 30 millions d’euros et se traduit concrètement sur chacun des sites du Groupe.

À Lièpvre, siège social, la création du premier workcafé a marqué une première étape, suivie de la rénovation de La Ferme — transformée en lieu de vie ouvert sur la nature, mêlant restauration, salles de réunion et espaces de sport. À Sainte-Croix-aux-Mines, la Schmidt Groupe Academy, dédiée à la formation des partenaires concessionnaires, a bénéficié d’une refonte totale : coworking, salles modulables, workcafé et showroom Schmidt et Cuisinella pour des formations en situation réelle.

À Sélestat, plusieurs sites de production ont vu émerger des environnements collaboratifs, des workcafés et des zones extérieures de respiration. À chaque fois, les espaces sont aménagés avec des meubles issus de la propre production du Groupe — une manière élégante de transformer ses lieux de travail en vitrines vivantes de son savoir-faire.

La Ruche, bâtiment bioclimatique

Implantée à proximité des sites de production de Sélestat, au cœur d’un environnement paysager de 16 000 m², La Ruche marque une rupture dans le programme IWS : là où les projets précédents se concentraient sur la transformation de l’existant, il s’agit cette fois d’une construction neuve pensée dès l’origine pour les nouveaux usages.

Le bâtiment de 6 790 m² s’organise autour d’un atrium central vitré baigné de lumière naturelle, véritable cœur battant du projet, qui facilite la circulation et les échanges entre équipes aux expertises complémentaires.

La conception bioclimatique s’inspire du standard Passivhaus et fait appel à une série de solutions techniques qui se répondent : chauffage biomasse alimenté par les déchets bois du Groupe lui-même, rafraîchissement naturel par la nappe phréatique complété par un système de nightcooling, récupération des eaux de pluie via noues et cuve de stockage, béton bas carbone, isolation biosourcée, structure majoritairement en bois issu de forêts françaises dans une logique de circuits courts.

Le résultat est chiffré : 18 % d’impact carbone en moins par rapport à une construction standard, soit 5 600 tonnes de CO₂ évitées sur cinquante ans. Le site intègre également des bornes de recharge électrique et un abri vélo relié aux pistes cyclables — une attention aux mobilités douces cohérente avec les engagements affichés par le Groupe auprès des acteurs publics et privés alsaciens.

Construit par des Alsaciens, pour des Alsaciens

Ce qui distingue La Ruche des constructions d’entreprise ordinaires, c’est l’obstination de Schmidt Groupe à ancrer le projet dans son territoire.

Plus de trente entreprises partenaires ont été mobilisées pour sa réalisation, 90 % des fournisseurs se situent dans un rayon de 40 kilomètres. Une logique de circuits courts appliquée non seulement aux matériaux, mais à l’ensemble de la chaîne de construction — illustration vivante de ce que le Groupe prêche par ailleurs dans ses engagements B Corp.

Le bâtiment intègre également une dimension artistique et design en cohérence avec l’univers de Schmidt Groupe. Plusieurs œuvres de l’artiste Eric Liot y ont pris place, dont Kitch, réalisée à partir d’éléments récupérés et de pièces vintage, et Le Cœur de Schmidt, présenté lors de l’événement L’Industrie Magnifique à Strasbourg — une sculpture fabriquée à partir de bois récupéré qui symbolise la cuisine comme cœur de la maison.

Autour du bâtiment, 16 000 m² d’espaces paysagers mêlent parc, verger, potager, micro-forêt, terrasses et terrain de sport. Ce n’est pas un décor : c’est la traduction spatiale d’une conviction partagée chez Schmidt Groupe depuis quatre générations, selon laquelle un lieu de travail bien pensé est d’abord un lieu de vie.

« Nous sommes fiers d’inaugurer un lieu qui reflète pleinement notre vision d’une entreprise plus collaborative, plus durable et profondément ancrée dans son territoire », résume Anne Leitzgen, Présidente du Groupe.

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