Breizh Café
pose ses valises à Strasbourg

Article du 11 septembre 2026

C’est au 15 rue Sainte-Barbe, dans l’effervescence d’une rue passante du centre de Strasbourg, que Breizh Café vient d’inaugurer sa toute nouvelle adresse. L’établissement ouvre ses portes du lundi au dimanche, de 11h à 22h en service continu, format pensé pour sustenter aussi bien les petites et grandes envies de crêpes et de galettes à toute heure de la journée.

Cette implantation confirme la stratégie d’expansion de l’enseigne bretonne, laquelle compte aujourd’hui une vingtaine d’adresses en France (dont une quinzaine à Paris) et poursuit, année après année, l’ouverture de nouvelles crêperies, comptant désormais l’Alsace parmi ses destinations.

Bertrand Larcher, du Japon à l'Hexagone

L’histoire de Breizh Café commence pourtant à des milliers de kilomètres de la Bretagne.

C’est au Japon que Bertrand Larcher, formé à l’école hôtelière de Dinard puis passé par l’hôtellerie de luxe genevoise, ouvre en 1996 sa première crêperie à Tokyo, aux côtés de son épouse japonaise. « J’avais très envie de faire découvrir les traditions bretonnes au Japon », nous confie le fondateur.

Ce pari s’appuie sur une intuition simple : la Bretagne et l’archipel nippon partagent une même relation intime au sarrasin ; les uns en font des galettes, les autres en tirent leurs soba.

Fort de ce succès qui compte aujourd’hui plusieurs adresses au Japon, Bertrand Larcher revient développer l’enseigne en France, d’abord à Paris, puis en région. « Si les Japonais ont gardé la mémoire du sarrasin, hormis en Bretagne, ce n’est plus le cas dans l’Hexagone », constate-t-il.

Ce rôle de passeur, qui lui tient à cœur, explique en partie le choix de Strasbourg : « Ce sont des régions qui, comme la Bretagne, comme le Pays basque, ont des identités très fortes, et sont très attachées aux traditions. Des régions qui veulent perpétuer leur savoir-faire ».

Il résume ensuite sa vision de cette ouverture en ces mots : « Strasbourg est une ville de culture au riche patrimoine. Nous avons imaginé cette adresse comme une rencontre entre deux régions fières de leur identité, réunies autour du goût, du partage et du respect des producteurs. »

Élevé à la ferme par des parents agriculteurs, le fondateur a construit toute la Maison Breizh Café sur la conviction d’une agriculture biologique, locale et durable, incarnée aujourd’hui par deux piliers.

D’un côté, la Ferme Breizh Café à Saint-Coulomb, entre Cancale et Saint-Malo, est une exploitation d’une dizaine d’hectares où la Maison cultive son propre sarrasin biologique et un millier de pommiers à cidre, dans une logique d’agroécologie et de circuits courts. Devenue ferme pédagogique, elle accueille aussi un restaurant éphémère où l’on vient déguster galettes-saucisses et cidre paysan face à la mer, ainsi que la Fête du Sarrasin, événement annuel dédié à la transmission de ce savoir-faire auprès du grand public.

De l’autre, l’Atelier de la Crêpe, à Saint-Malo a été fondée en 2011, cette école internationale de formation au métier de crêpier forme aussi bien des professionnels que des particuliers, et dispose de son propre restaurant d’application, où les élèves peuvent mettre leur apprentissage en pratique face à une clientèle réelle, du lundi au vendredi.

Quand la Bretagne rencontre l'Alsace

Au cœur des Breizh Cafés, le sarrasin reste la véritable âme de la maison. Ici, la farine de blé noir est 100 % biologique, certifiée IGP « Farine de blé noir de Bretagne », naturellement sans gluten, et moulue à la pierre au Moulin de la Fatigue, à Vitré, un moulin fondé en 1870. Autour de ce produit emblématique s’assemblent d’autres grandes signatures artisanales, telles que le beurre de baratte de la Maison Bordier, labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant, et les épices de la maison Roellinger, référence bretonne en la matière.

Néanmoins cette nouvelle adresse strasbourgeoise ne se contente pas d’importer la recette bretonne et ses classiques, elle l’installe également en dialogue avec le terroir local, notamment à travers quatre créations inédites, exclusives à Strasbourg :

  • Croustillants Breizh Café bibeleskaes: tuiles de sarrasin, bibeleskaes, ciboulette et ail ;
  • Mini Breizh Rolls Knack: galette sarrasin, knacks et comté affiné, nappés d’une sauce moutarde fine ;
  • Amuse-galettes au Munster et confiture de mirabelles: munster AOP au lait cru et confiture de mirabelles de Lorraine maison ;
  • Galette saucisse fumée au bois de hêtre, chou confit au cidre, pommes de terre et bibeleskaes maison.

La cave à cidres

Pour accompagner cette dégustation, la maison propose une sélection de cidres, poirés et spiritueux bretons, parmi lesquels les cuvées du Domaine Johanna Cécillon, que nous avons pu découvrir lors de l’inauguration.

C’est en 2011 que Johanna Cécillon décide de reprendre les terres familiales de Sévignac, dans les Côtes-d’Armor, où l’on produit et commercialise du cidre depuis 1870, un savoir-faire transmis depuis ses arrière-arrière-grands-parents. À ses côtés, Louis, son mari ardéchois, originaire d’une famille de vignerons, apporte une autre sensibilité façonnée par la vigne. De cette double culture naissent des cidres et poirés gastronomiques, capables de s’accorder aussi bien avec des galettes qu’avec des fruits de mer, des fromages ou des desserts.

Fidèle à son ambition de dialogue entre les deux terroirs, la carte des boissons s’ouvre également aux cidres alsaciens de la maison René-Sens, bruts, doux et extra-bruts, sélectionnés avec la même exigence pour composer des accords mets-cidres inédits. C’est une manière, pour Breizh Café, d’affirmer que le cidre n’est pas seulement un pilier de la culture gastronomique bretonne, mais peut aussi devenir un pont naturel entre les deux régions.

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