Fondée en 1888 par René Lalique, la Maison perpétue depuis plus d’un siècle un art de vivre à la française où le cristal, la lumière et le parfum se répondent. Avec Tales of Light*, sa nouvelle collection de bougies et de diffuseurs lancée ce mois de mai 2026, Lalique Beauty franchit un pas supplémentaire : transformer six moments de la vie du créateur en autant de récits olfactifs, logés dans des contenants de verre conçus comme de petites sculptures. Une collection qui, à bien des égards, parle aussi d’Alsace.
Un flacon inspiré par un four
Tout commence par une forme. Pour concevoir le contenant des bougies Tales of Light, le directeur artistique et de la création Marc Larminaux n’a pas cherché bien loin : il s’est tourné vers le four de la manufacture Lalique, à Wingen-sur-Moder.
C’est la gueule de ce four — mi-circulaire, mi-carrée — qui a inspiré le design du nouveau pot, dont la légère courbe adoucit les angles du cube pour créer un pont entre les sensibilités féminines et masculines du design.
Les surfaces rainurées en verre cannelé, signature de nombreuses collections Lalique, évoquent à la fois l’Art Déco et l’Art Nouveau. Chacun des six contenants se distingue par un dégradé de laque colorée mate à la base — rappelant le cristal satiné repoli de la Maison — qui devient progressivement brillant vers le sommet, comme une préface visuelle à la fragrance qu’il renferme.
Le verre des pots est fabriqué par La Rochère, l’une des plus anciennes verreries de France, tandis que les fragrances elles-mêmes naissent sur le site de production Lalique Beauty à Ury, en Île-de-France.
La collection est aussi la première à arborer la nouvelle identité visuelle de Lalique Beauty : un logo où les hirondelles de René Lalique ont été libérées du cercle qui les encerclait jusqu’alors, plus légères, plus poétiques — symbole de renouveau.
Wingen-sur-Moder et sa légende verrière
Pour comprendre Tales of Light, il faut d’abord comprendre Wingen-sur-Moder. Ce petit village des Vosges du Nord, niché au cœur d’une région à longue tradition verrière, est le berceau alsacien de toute la création Lalique depuis plus d’un siècle.
René Lalique avait soixante et un ans — pas moins — quand il y fonda sa manufacture en 1921, rebaptisée « Verrerie d’Alsace ». Il y voyait réunies toutes les conditions de l’excellence : les Vosges du Nord offraient en effet un important réservoir de main-d’œuvre qualifiée, rompue au travail du verre depuis des générations, que Lalique put s’attacher volontiers.
Wingen-sur-Moder reste à ce jour le seul site de production Lalique dans le monde. Aujourd’hui encore, près de deux cents hommes et femmes y mettent leurs tours de main et leurs connaissances au service de la création.
Dans la halle, autour du four, une véritable chorégraphie s’organise, faite de souffle, de tournoiements et de gestes mesurés, jusqu’à ce que la matière en fusion prenne forme. La Maison impose des critères d’une exigence rare : plus de 35 % des pièces fabriquées sont rejetées, et à peine 20 % du cristal fondu est finalement commercialisé.
Après la mort de René en 1945, son fils Marc, formé à l’École des Arts décoratifs de Paris, reprend l’usine et met à profit ses qualités de technicien pour la rénover et la moderniser, abandonnant définitivement le verre au profit du cristal.
C’est lui qui forge le style Lalique tel qu’on le connaît encore aujourd’hui : ce jeu de contrastes entre cristal brillant et mat, poli et dépoli, sculpté et lisse, qui donne à chaque pièce sa profondeur particulière.
René Lalique, un enfant de la nature
Né le 6 avril 1860 à Aÿ-Champagne, René-Jules Lalique passe son enfance entre Paris et ce paradis que restera tout au long de son existence sa Champagne natale. Durant les longues balades avec son grand-père, dans les vignes et le long du canal, il s’imprègne d’une nature foisonnante dont il conservera jusqu’à sa mort en 1945 l’empreinte profonde. Femme, faune, flore : ce sont les trois grands piliers de toute son œuvre.
C’est cette enfance contemplative qui innerve directement la collection Tales of Light. Chacune des six bougies est un chapitre biographique, un lieu ou un souvenir ayant façonné l’art et l’identité du créateur. En les portant dans l’espace domestique sous forme de parfum, Lalique Beauty accomplit quelque chose de rare : rendre sensible et intime ce qui, dans les musées, reste à distance.
Un objet durable, pensé pour perdurer
Ce qui distingue Tales of Light d’une simple bougie parfumée, c’est le soin apporté à ce qui vient après la flamme.
Marc Larminaux a conçu chaque contenant pour qu’il survive à sa propre consumation : une fois la bougie éteinte pour la dernière fois, le pot se transforme en diffuseur, sublimé par un couvercle en bois, dernier hommage aux éléments naturels chers à l’univers de la Maison.
Un objet à réutiliser, à admirer, à conserver — ou à offrir, en particulier aux amoureux d’une Alsace qui sait, depuis des siècles, faire de la lumière et de la matière des objets d’art.
Bougies 220 g : 95 € — Diffuseurs 250 ml : 125 € — Recharges 250 ml : 70 €
Disponibles dès mai 2026 dans une sélection de boutiques Lalique et sur lalique.com
Les six chapitres d'une vie en parfum
La Demeure est le premier récit, le plus enraciné. Il rend hommage à la maison d’enfance de René Lalique, espace de confort, de chaleur et de mémoire. La fragrance s’ouvre sur une étreinte épicée d’encens et de cardamome, traversée d’un soupçon de géranium et de menthe fraîche. Le cœur déploie l’élégance poudrée de l’iris mêlée à la lavande et à une douceur d’amande. En fond, la fève tonka crémeuse, la vanille et le patchouli terreux s’enroulent autour du bois de cèdre — une bougie qui sent le foyer, au sens le plus noble du terme.
L’Escapade est peut-être la plus alsacienne des six. Elle évoque les forêts et prairies qui ont éveillé chez René Lalique sa fascination pour la faune et la flore — des paysages que l’on reconnaît sans peine dans les sous-bois des Vosges du Nord qui encerclent Wingen-sur-Moder. La sauge sclarée et la camomille ouvrent sur des notes herbacées et vives, avant que l’immortelle n’épanouisse son arôme légèrement miellé. Le fond de cèdre profond et de patchouli évoque la quiétude d’un sous-bois baigné de soleil en fin d’après-midi.
L’Atelier convoque la sérénité du studio parisien où naquirent les premiers dessins et les premières visions. Les notes fraîches d’élémi et une pointe d’agrumes apportent clarté et luminosité, avant qu’un cœur de bois de cèdre sec et linéaire ne rappelle les meubles anciens de l’atelier. Le santal et le pin ajoutent une profondeur crémeuse et résineuse — une fragrance concentrée, presque minérale, qui sent le travail et la lumière blanche du matin.
La Muse est dédiée à Augustine-Alice, compagne et muse éternelle du créateur. Les premières notes sont lumineuses : bergamote et fleur d’oranger s’épanouissent doucement, avant que le petitgrain et le poivre rose ne tissent des nuances vertes et légèrement épicées. Le géranium conclut avec une caresse florale aux facettes rosées et fraîches — une bougie qui enveloppe d’une étreinte chaleureuse et sensuelle.
La Comédie rend hommage aux théâtres parisiens des Années folles, où René Lalique trouvait la fantaisie et la puissance dramatique. Le gingembre et la cardamome éveillent les sens avec énergie, adoucis par une pêche juteuse aux accents de baies. L’iris poudré et l’héliotrope flottent comme un nuage de maquillage de scène, avant qu’un fond velouté de daim, patchouli et fève tonka ne s’installe comme un ultime salut sous les projecteurs — la plus exubérante et la plus théâtrale des six.
La Verrerie, enfin, est l’âme même de la Maison : le feu, la transformation, la maîtrise artisanale. L’encens et la cannelle ouvrent sur une chaleur épicée, traversée d’un tourbillon de framboise qui apporte une douceur contemporaine. Le safran cuiré et doré sublime l’éclat soyeux de la rose. En fond, tabac blond, bois de santal et bois de cèdre laissent une empreinte fumée et résineuse — la bougie qui sent le plus le cristal en fusion, le labeur magnifique du souffleur de verre.