Trident d'Or 2026 :
Carcassonne au sommet du podium

Article du 25 avril 2026

Le 23 avril 2026, huit binômes de cuisiniers civils et militaires se sont retrouvés au lycée hôtelier François Rabelais de Dardilly, près de Lyon, pour la 6ᵉ édition du concours culinaire du Commissariat des armées. Poulet de Bresse, royale d’asperges, tarte soufflée à la praline rose — le menu était digne des meilleures tables françaises.

Budget par équipe : 8 euros TTC. C’est le Groupement de Soutien Commissariat de Carcassonne qui est reparti avec le Trident d’Or, devant les cuisiniers de la Présidence de la République et ceux du Groupement de Brest-Lorient.

Top Chef a son équivalent dans les armées

Peu de gens le savent, mais derrière les uniformes se cachent des cuisiniers d’une polyvalence rare.

Capables de préparer un repas de prestige pour des autorités le lundi, et d’assurer la restauration d’une centaine de soldats en conditions opérationnelles le mercredi, les cuisiniers militaires français incarnent une exigence peu commune dans le monde des métiers de bouche. Le Trident d’Or est leur vitrine — et leur épreuve de vérité.

Organisé depuis plusieurs décennies par le Commissariat des armées, ce concours national de cuisine militaire trouve ses racines dans une tradition qui remonte à la Grande Guerre.

Son principe est simple et exigeant : des binômes de candidats, civils ou militaires, disposent de 4 heures 45 pour réaliser un menu complet sur un thème imposé, avec des moyens volontairement contraints et un budget plafonné à 8 euros TTC. Un exercice qui, loin de brider la créativité, la révèle.

Une finale à Lyon

La 6ᵉ édition du concours s’est tenue ce 23 avril à Dardilly, dans le Rhône, au lycée hôtelier François Rabelais — un établissement de référence qui forme depuis 1975 des professionnels de l’hôtellerie et de la restauration.

Un choix de lieu symbolique, à quelques kilomètres de Lyon, capitale gastronomique française et terre de la praline rose qui figure précisément au menu de la finale.

Huit binômes s’étaient qualifiés à l’issue des épreuves de sélection organisées à Cherbourg en novembre 2025, venus des quatre coins du dispositif militaire : cuisiniers du Palais de l’Élysée, Marine nationale à Brest, Légion étrangère à Castelnaudary, Brigade des sapeurs-pompiers de Paris, ou encore forces françaises de Nouvelle-Calédonie.

Le menu imposé pour cette finale se composait d’un amuse-bouche librement inspiré de la ration de combat française, d’un plat autour du Poulet de Bresse accompagné de pommes Darphin et d’une royale d’asperges ; et pour clore le repas, une tarte soufflée à la praline rose de Lyon.

Des recettes présentées sur assiettes pour huit personnes, susceptibles d’être servies lors d’un repas de réception d’autorités.

Carcassonne s'offre le Trident

C’est l’adjoint technique principal Fabien et l’ouvrier d’État Christophe, tous deux affectés au Groupement de Soutien Commissariat de Carcassonne, qui ont remporté cette 6ᵉ édition.

Une victoire acquise de haute lutte face à sept équipes d’un niveau particulièrement relevé, dans une compétition placée sous le haut patronage du Président de la République.

Derrière eux, les cuisiniers de la Présidence de la République décrochaient la médaille d’argent — une performance qui dit beaucoup du niveau général de la finale —, tandis que le Groupement de Soutien Commissariat de Brest-Lorient complétait le podium.

Pour Carcassonne, cette victoire constitue bien plus qu’un trophée : elle souligne la qualité du travail réalisé au quotidien dans des cuisines militaires loin des projecteurs, mais essentielles au fonctionnement des forces armées.

Graines d’Étoiles : la relève couronnée

Grande nouveauté de cette édition, l’épreuve Graines d’Étoiles, dédiée aux apprentis de la filière restauration, a été remportée par Tom, apprenti au sein du Groupement de Soutien Commissariat de Brive-la-Gaillarde.

Trois jeunes candidats s’étaient affrontés sur un menu similaire en 3h30. Une initiative qui reflète la volonté du ministère de renforcer l’apprentissage dans ses recrutements et de préparer la relève — la filière compte aujourd’hui 144 apprentis.

Le jury parrainé par un MOF

La crédibilité du Trident d’Or tient aussi à celle de ses jurés. Le parrain de cette édition était Christophe Raoux, Meilleur Ouvrier de France 2015, chef exécutif du Royal Champagne à Reims, passé par les cuisines du Ritz Paris, du Peninsula et des Maisons Bocuse.

Il a présidé le jury dégustation, aux côtés de Patrick Bertron du Groupe Bernard Loiseau, Ghislaine Arabian, première femme chef étoilée, Christian Têtedoie, président des Maîtres Cuisiniers de France, ou encore Olivier Couvin, Meilleur Ouvrier de France formé à la Maison Bocuse.

Le jury technique, présidé par Danielle Crost du Castor Gourmand à Crémieu, a évalué la rigueur des gestes, la maîtrise des cuissons et le respect des normes d’hygiène.

Nourrir les soldats, une mission à part entière

Derrière le concours, c’est tout un pan méconnu de l’institution militaire qui s’est dévoilé.

Le Commissariat des armées délivre chaque année 43 millions de repas, gère 346 restaurants, distribue 2 millions de rations de combat et mobilise 5 200 personnels dans la filière restauration — faisant de lui le 7ᵉ organisme de restauration collective en France. Car nourrir les forces, ce n’est pas seulement répondre à un besoin physiologique : c’est contribuer directement au moral des troupes, à leur cohésion, à leur efficacité opérationnelle.

Le Trident d’Or, en ce sens, n’est pas qu’une compétition. C’est la démonstration que l’excellence culinaire peut s’exercer partout — même là où personne ne s’y attend.

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