EGAST 2026
l’heure du bilan

Quarante ans d’existence, et une édition 2026 qui ne cherche pas l’effet d’annonce. Du 15 au 18 mars au Parc des Expositions de Strasbourg, EGAST a confirmé sa place dans le paysage national des salons professionnels dédiés aux métiers de bouche. Une position construite sur la durée, consolidée cette année par des indicateurs clairs et une mobilisation d’ensemble.

2026 en quelques chiffres

Avec 24 512 visiteurs professionnels276 exposantsplus de 424 marques représentées et 24 000 m² d’exposition, le salon reste dans une zone de stabilité élevée.

Un volume qui le maintient parmi les rendez-vous majeurs en France, avec une spécificité : une forte concentration d’acteurs issus du Grand Est, complétée par des professionnels venus d’Allemagne, de Suisse et de Belgique.

Douze concours et trophées ont rythmé ces quatre jours, pendant que 950 jeunes étaient accueillis dans le cadre de la Matinée des Écoles.

Un indicateur clé, à l’heure où la filière cherche à renforcer son attractivité.

Un salon qui produit du concret

Sur le terrain, les retours convergent. Les exposants décrivent un visitorat qualifié, orienté décision. Les échanges commerciaux ne restent pas au stade exploratoire. Équipement, produits alimentaires, services, solutions pour l’hôtellerie : tous les secteurs ont enregistré une fréquentation régulière.

EGAST s’affirme ici comme un outil de travail. Un espace où les investissements se préparent, où les réseaux s’activent, où les collaborations prennent forme.

Cette dynamique repose sur un socle collectif solide. Organisations professionnelles, structures de formation, institutions régionales — de l’UMIH 67 à l’ARIA Alsace, en passant par le CEFPPA Adrien Zeller et le lycée hôtelier Alexandre Dumas — ont contribué à structurer un événement cohérent, lisible, ancré dans son territoire.

Transmission, colonne vertébrale de l’édition

L’édition 2026 s’est construite autour d’un fil directeur clair : la transmission.

Concours inter-CFA, démonstrations, échanges avec des chefs confirmés, forum de l’emploi organisé au Palais de la Musique et des Congrès : les formats se multiplient pour créer des passerelles entre générations.

La présence de figures comme Régis Marcon, parrain de l’édition, ou encore Olivier Nasti, Nicolas Stamm-Corby et Thomas Kœbel, participe à cette mise en relation. À leurs côtés, des profils issus de la boulangerie, de la pâtisserie ou du service viennent enrichir les jurys et élever le niveau d’exigence.

La boulangerie en première ligne

Plus encore que lors des éditions précédentes, la boulangerie s’est imposée comme l’un des pôles structurants du salon.

Entre le lancement du Trophée Thomas Marie, les sélections régionales des concours nationaux (baguette, croissant) et les épreuves dédiées aux jeunes, elle occupe un espace central. Un choix qui reflète les enjeux actuels du secteur : renouvellement des pratiques, valorisation du geste, montée en gamme des produits.

Les concours organisés sous l’égide des fédérations professionnelles ont, une fois de plus, joué un rôle de révélateur.

Concours du Meilleur Sandwich

La troisième édition du concours du Meilleur Sandwich met en lumière une évolution nette : le sandwich devient un produit de signature.

Bertrand Glohr (Boulangerie M & B, Chaumousey) s’impose avec une proposition structurée autour du pain, élément central du produit. Son travail se distingue par une cohérence globale : choix des matières premières, équilibre des textures, lisibilité en dégustation. Déjà présent sur d’autres concours, il confirme ici une capacité à investir des registres variés.

En deuxième position, Hugo Wurtz (Maison Rassemont, Damery) propose une approche précise, avec une attention particulière portée à l’harmonie gustative. Baptiste Nemar (La Gare’Mandise, Strasbourg) complète le podium avec une interprétation plus libre, ancrée dans les usages actuels de consommation rapide de qualité.

Le niveau général souligne une mutation : la boulangerie intègre pleinement les codes de la restauration.

La meilleure baguette de tradition

Épreuve de référence, la sélection Grand Est du concours national de la baguette de tradition reste un marqueur fort du métier.

Alexis Frebourg (Boulangerie Pinot Sébastien, Vagney) décroche la première place avec une baguette qui coche l’ensemble des critères attendus : alvéolage régulier, croûte bien développée, équilibre aromatique. Une exécution maîtrisée qui traduit une parfaite gestion des fermentations et des cuissons.

En deuxième position, Shogo Hiranuma (Boulangerie Hirose, Andolsheim) confirme la présence de profils internationaux dans les concours français. Son travail se distingue par une grande finesse technique et une régularité remarquable.

Lidwine Mahut (L’Avenue Gourmande, Juniville) prend la troisième place avec une baguette solide, qui témoigne d’un engagement constant dans la maîtrise des fondamentaux.

Au-delà du podium, l’épreuve rappelle le niveau d’exigence élevé de la filière.

Le croissant au beurre sur le podium

Le concours du Meilleur Croissant au Beurre repose sur un principe simple : révéler la précision du geste.

Charlène Schwanzar Heckly (Rêvez Sucré, Saint-Mauré) s’impose avec un produit net, caractérisé par un feuilletage bien développé, une régularité de forme et une cuisson maîtrisée. Le résultat traduit une parfaite connaissance du tourage et des temps de repos.

Gilles Boizet (Volstroff) obtient la deuxième place avec une proposition technique, tandis que Bertrand Glohr, déjà récompensé sur le sandwich, confirme son savoir-faire en se classant troisième.

Le croissant agit ici comme un indicateur immédiat du niveau technique des candidats.

Flan pâtissier, la crème de la crème

Le concours du Meilleur Flan Pâtissier Grand Est met en avant un produit longtemps considéré comme secondaire, aujourd’hui réinvesti par les artisans.

Clara Rodriguez (Boulangerie Dudot, Montigny-lès-Metz) remporte l’épreuve avec un flan équilibré, articulé autour d’une texture crémeuse, d’une tenue précise et d’une pâte correctement cuite. L’ensemble repose sur une exécution sans excès, où la régularité prime.

Ce résultat illustre une tendance de fond : la valorisation de produits classiques, retravaillés avec exigence.

EGAST 2026 : ancrage, engagement et trajectoire

EGAST 2026 confirme son rôle structurant et son ancrage territorial dans l’économie alsacienne. Le salon a mis en avant les circuits courts et les collaborations locales à travers des initiatives comme « Savourez l’Alsace » et les rencontres Business Sourcing, tandis que le Grand Prix du Jury du Mondial des Vins Blancs de Strasbourg a récompensé deux grands crus alsaciens, le Pinot Gris Steinert 2024 et le Gewurztraminer Hengst 2024, valorisant ainsi le terroir régional.

Cette édition s’inscrit également dans une logique responsable : près de 200 repas et 1 450 produits alimentaires ont été redistribués aux Restos du Cœur, l’usage de moquette a été réduit de 80 % par rapport à 2024, et 10 000 € issus du dîner de gala ont été reversés à l’association.

Fidèle à sa trajectoire, EGAST affine son rôle sans se réinventer à tout prix, consolidant sa mission de fédérer, structurer et transmettre, tout en accompagnant les évolutions du secteur.

Prochaine étape : mars 2028, Strasbourg restant un point de convergence incontournable pour la filière.

 

Crédits photo : ©Divinemenciel ; ©Bartosch Salmanski ; ©Aji-groupe

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