Snoop Dogg x Glaces Erhard,
des USA à la Franche-Comté

Sous la marque Dr. Bombay Ice Cream, le rappeur américain Snoop Dogg fait produire ses glaces en France chez Erhard, entreprise alsaco-franc-comtoise, et plus précisément à l’usine d’Étupes, dans le Doubs, choisie pour confectionner toute la gamme destinée au marché européen.

Un partenariat aussi inattendu que savoureux : d’un côté, l’une des figures les plus reconnaissables du hip-hop américain, ambassadeur d’un style de vie West Coast décontracté ; de l’autre, une entreprise familiale du Grand Est spécialisée depuis des décennies dans les desserts surgelés, forte de six ateliers de production répartis entre l’Alsace et la Franche-Comté.

C’est pourtant cette rencontre improbable qui a donné naissance, depuis le 12 mai 2026, aux quatre pots de glace Dr. Bombay désormais disponibles en exclusivité dans les rayons surgelés Carrefour.

Une recette américaine adaptée aux palais français

L’entreprise a adapté les recettes, déjà commercialisées aux États-Unis depuis l’été 2023 — où la marque, co-fondée avec le rappeur Lil Baby, a rapidement conquis les rayons de plusieurs milliers de magasins Walmart —, aux goûts français, dans un exercice d’équilibriste qui n’a rien d’anodin : il s’agissait de préserver l’identité gourmande et volontairement excessive des recettes américaines tout en les rendant acceptables, voire séduisantes, pour un palais hexagonal habitué à des associations plus sobres.

La France devient ainsi le premier marché hors des États-Unis à accueillir la marque, la Belgique devant suivre dans un second temps — un choix que Snoop Dogg lui-même a justifié en évoquant, dans un communiqué, un pays « de culture, de goût et de style ».

Quatre parfums, quatre paris gustatifs

Quatre parfums sont au programme, tous élaborés avec la participation de Snoop Dogg et de son fils, dans des pots de 295 grammes vendus 5,99 euros et facilement reconnaissables grâce à un packaging ultracoloré, à l’esthétique proche du street art, et coiffés d’un capuchon à imprimé léopard qui ne passe pas inaperçu en rayon.

Le Peanut Butter Jelly Time associe beurre de cacahuète et raisin, une combinaison profondément ancrée dans la culture snacking américaine mais qui déroute encore une partie du public français, plus habitué à séparer le salé du sucré que ce mariage ne le permet.

Le Long Beach Fruit Party, aux notes de mangue, noix de coco et ananas, rend hommage à la ville natale du rappeur en Californie et mise sur une fraîcheur exotique plus consensuelle.

Le Salted Caramel Waffle Sundazed marie gaufre et caramel au beurre salé, une association que le public semble accueillir avec le plus d’enthousiasme, portée par la popularité bien installée du salé-sucré caramel en France.

Enfin, le Strawberry Cream Dream, plus classique dans son mariage de fraise et de crème, complète la gamme en offrant un point de repère plus familier aux consommateurs les moins aventureux.

Une marque de célébrité pas comme les autres

Ce lancement s’inscrit dans une tendance plus large des « celebrity brands » — ces marques alimentaires portées par des personnalités du monde de la musique, du sport ou du cinéma, qui cherchent à transformer leur notoriété en produit de grande consommation.

Ce qui distingue toutefois Dr. Bombay de nombreuses opérations de ce type, c’est le choix assumé d’un ancrage industriel local plutôt que d’une simple licence à distance : Erhard, déjà fournisseur reconnu de nombreuses enseignes européennes en pâtisseries et desserts glacés, a dû convaincre les équipes du rappeur de sa capacité à reproduire fidèlement les recettes originales tout en respectant les standards européens de qualité, de traçabilité et d’étiquetage — la marque insistant sur une fabrication française à partir d’ingrédients naturels, sans colorants artificiels, avec de vrais fruits et de la vraie crème.

Une vitrine inattendue pour le savoir-faire du Grand Est

Pour l’entreprise franc-comtoise, ce contrat représente une vitrine inattendue mais précieuse : voir son savoir-faire régional, habituellement discret derrière les marques de distributeur ou les enseignes qu’elle fournit, associé publiquement à l’une des personnalités les plus suivies de la planète, illustre la montée en puissance du savoir-faire agroalimentaire du Grand Est sur la scène internationale.

De quoi rappeler, une fois de plus, que derrière l’image glamour d’un lancement mondial se cache très souvent une réalité industrielle bien plus locale et artisanale qu’on ne l’imagine — ici, un atelier du Doubs, à deux pas de Belfort, où se façonnent aujourd’hui les glaces d’un rappeur de Long Beach.

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