En Alsace, près d’un produit alimentaire sur dix acheté en grande distribution est issu d’une filière locale, une performance 2 à 3 fois supérieure à la moyenne nationale, confirmée par la nouvelle étude du cabinet Circana (2025). Une constante qui ne date pas d’hier, mais qui continue de placer la région tout en haut du classement français de la consommation locale.
Le Bas-Rhin, premier département de France
Selon cette étude, les marques alsaciennes représentent 8,6 % des achats alimentaires en hypermarchés et supermarchés dans le Bas-Rhin et 7,8 % dans le Haut-Rhin, contre seulement 2,8 % au niveau national — soit un écart de trois à quatre fois supérieur à la moyenne du pays.
Le Bas-Rhin se hisse ainsi en tête de l’ensemble des départements français pour la consommation de produits locaux, tandis que le Haut-Rhin figure dans le trio de tête, juste derrière.
Une précédente édition de l’étude, publiée fin 2024, plaçait déjà l’Alsace au coude à coude avec la Bretagne, suivie de la Savoie et du Pays basque — un classement où l’on retrouve systématiquement des régions à forte identité culinaire et culturelle, capables de fédérer leurs habitants autour d’une consommation de proximité.
Deux marques qui structurent la filière
Cette dynamique repose largement sur les marques Savourez l’Alsace® et Savourez l’Alsace avec l’Agriculture Locale®, qui fédèrent aujourd’hui quelque 5 000 produits issus de 130 entreprises et de six filières partenaires.
La seconde marque, gérée par l’ARIA Alsace, a d’ailleurs changé de nom en novembre 2025 : rebaptisée depuis « Savourez l’Alsace avec l’Agriculture Locale » — elle s’appelait auparavant « Savourez l’Alsace Produit du Terroir » —, elle a aussi renforcé ses exigences d’origine à cette occasion.
« Les préoccupations et actualités de la filière agricole ont changé. On trouvait que le message n’était pas assez clair avec la première appellation, et on voulait appuyer sur l’approvisionnement et la provenance locale », explique Sébastien Richard, agriculteur et président de la marque.
Concrètement, les produits transformés doivent désormais justifier d’au moins 80 % de matières premières agricoles alsaciennes, tandis que les produits bruts doivent être intégralement d’origine locale — un cahier des charges strict qui a déjà permis d’accréditer près de 1 300 produits sous cette seule marque.
Un attachement qui dépasse le seul rayon supermarché
Au-delà des chiffres, cet attachement traduit une dimension identitaire forte : pour les producteurs, le logo « Savourez l’Alsace », reconnaissable à son A en forme de cœur affiché en rayon depuis 2015, est aussi un gage de traçabilité et de qualité auprès du consommateur.
« Ça permet aussi de montrer que produire localement est une sécurité de traçabilité et permet d’identifier un vrai cahier des charges. Au-delà de cela, c’est aussi de l’économie circulaire », résume Denis Nass, membre du conseil d’administration de l’ADIRA.
Après avoir conquis les rayons de la grande distribution, les acteurs de la filière entendent désormais investir un nouveau terrain : la restauration hors domicile, restaurants, hôtels, traiteurs et restauration collective, où l’accès aux produits locaux reste aujourd’hui plus complexe à organiser que dans les circuits de distribution classiques.
L’objectif affiché est clair : permettre aux consommateurs alsaciens de retrouver, demain, les mêmes produits labellisés aussi bien dans leur caddie que dans leur assiette au restaurant ou à la cantine.