Le 9 novembre prochain, douze cuisinières et pâtissières se retrouveront à l’école Ferrandi, à Paris, pour la finale de la 8ᵉ édition de La Cuillère d’Or, seul concours gastronomique 100 % féminin.
Six candidates disputeront le trophée cuisine, six autres le trophée pâtisserie sur un thème commun, « Infiniment Mer ». Les épreuves se dérouleront dans la journée ; la remise des prix aura lieu le soir même au restaurant immersif Under The Sea, à Paris Porte de Versailles.
Donner de la visibilité aux cuisinières
La Cuillère d’Or a été créée en 2010 par Marie Sauce-Bourreau. Elle part du constat évident que les femmes sont omniprésentes dans la cuisine du quotidien, mais restent sous-représentées dans les cercles d’excellence, les concours de haut niveau et la médiatisation.
Le concours vise ainsi à faire émerger, valoriser et accompagner les talents féminins, en cuisine comme en pâtisserie, et à servir de tremplin vers des compétitions mixtes, vers l’ouverture d’un établissement ou vers des formations diplômantes.
Selon les organisateurs, 140 femmes s’y sont essayées depuis la première édition, que ce soit à Paris, au Pérou ou en Espagne. Le format reproduit les conditions de la haute gastronomie, c’est-à-dire, sélection sur dossier, épreuves techniques en temps limité, réalisation de plats ou desserts imposés, puis dégustation par un jury de professionnels. Les candidates sont notées sur la maîtrise technique, l’hygiène et l’attitude, la créativité, le goût et la texture, la gestion du temps, ainsi que le respect du produit et du thème.
Si les concurrentes sont toutes des femmes, les organisateurs précisent que les jurys, les équipes et les partenaires sont mixtes. Marie Sauce-Bourreau y voit « une aventure collective, fraternelle et sororelle », portée par des femmes comme par des hommes.
Un programme « Infiniment Mer »
Chaque finaliste dispose de 3 heures pour dresser des assiettes pour 7 personnes. Au trophée cuisine, il s’agit de réaliser une entrée et un plat. L’entrée doit associer des moules de bouchot et des langoustines de calibre 8/10, 15 pièces étant fournies par l’organisation. Le plat repose sur un lieu jaune entier, également fourni, accompagné de deux garnitures : l’une à base d’artichaut et de carottes des sables, l’autre au champagne rosé. Les candidates doivent en outre travailler une variété d’algues de leur choix. Le reste des ingrédients est à leur charge et doit provenir de la production française, de saison, dans une démarche de développement durable.
Au trophée pâtisserie, le dessert doit combiner chocolat, poudre d’algues, champagne rosé et cédrat. Le chocolat se choisit dans une gamme fournie par le partenaire Cacao Barry : Matsiro 70 % et Inaya 65 % pour le noir, Alunga 41 % pour le lait, Zéphyr 34 % et Zéphyr Caramel 35 % pour le blanc. Les poudres d’algues, à la charge des pâtissières, doivent avoir été présentées dans le dossier de candidature, et un panier de base (beurre, lait, crèmes, quatre cédrats et une bouteille de champagne rosé) leur est remis.
La 9ᵉ édition est déjà annoncée et aura lieu le 8 mars 2028, Journée internationale des droits des femmes, à Toulon, au lycée Anne-Sophie-Pic, sur le thème « Méditerranéenne ».
Les finalistes
Côté cuisine, la compétition réunit une brigade très internationale. Olga Martynovska, cheffe exécutive du restaurant Beef à Kyiv, en Ukraine, croise Aude Poizat, qui travaille au lycée polyvalent Santos-Dumont de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). Trois candidates viennent de Bretagne : Gina Nataf, de Buenazo Traiteur Lartino à Vannes, Emilie Oberlin, de Bretzel et Caramel à La Gacilly, et Natacha Morin, traiteuse à son compte à Cast, dans le Finistère. Léa Bernard, chef de partie à l’hôtel Lily of the Valley, à La Croix-Valmer (Var), complète le groupe. Ilona Gouzien, de la Maison Branche à Charmont-sous-Barbuise, dans l’Aube, attend en suppléante.
Le trophée pâtisserie a, lui aussi, ses participantes de tous horizons. Andréa Soledad Lopez arrive du Grand Hotel Abano Terme, en Italie. Elle affronte Mariia Barieva, de la pâtisserie boulangerie Vincent à Verlinghem (Nord), Elise Petit, de L’Envers du Décor à Saint-Émilion (Gironde), et Fatoumata Meite, du Public House à Paris. Illi Ouabdelkader, de la Maison Vatelier à Rouen, et Khadija Hammou, du lycée hôtelier de Biarritz, complètent la liste. Julie Roudier, qui travaille à l’hôpital d’Aubenas (Ardèche), est suppléante.
Des jurys de renom
Pierre Caillet préside le trophée cuisine. Meilleur Ouvrier de France 2011, il dirige Le Bec au Cauchois à Valmont (Seine-Maritime), maison étoilée au Guide Michelin depuis 2012 et distinguée d’une étoile verte en 2020. Le trophée pâtisserie revient à Noémie Honiat, championne de France du dessert, passée par Top Chef (saisons 3 et 5) et désormais jurée de La Meilleure Boulangerie de France sur M6. Elle connaît bien le concours puisqu’elle y avait décroché la deuxième place en 2016.
Danielle Crost, cheffe du Castor Gourmand à Crémieu (Isère) depuis 1995, tient la présidence d’honneur. Sylvie Pion, commissaire générale et directrice du Centre interarmées de soutien restauration loisirs du ministère des Armées, est la marraine de cette édition.
Chacun des trophées est composé d’un jury de 15 personnes. Celui de cuisine compte notamment Ghislaine Arabian, présentée comme la première femme cheffe deux étoiles au Guide Michelin, Christophe Raoux (Royal Champagne), Christian Tétedoie, président des Maîtres Cuisiniers de France, et Thierry Charrier, chef des cuisines du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, entourés de plusieurs Meilleurs Ouvriers de France. En pâtisserie, Nina Metayer siège aux côtés des MOF Philippe Urraca, Nicolas Bernardé et Sébastien Trudelle, et de Ken Thomas, chef exécutif de la Société des Bains de Mer.
Lors des éditions antérieures, le concours avait déjà été présidé par de grands noms : on se souvient de Guy Martin en 2010, Régis Marcon en 2011, Anne-Sophie Pic et Pierre Hermé en 2018, et Ghislaine Arabian et Nina Metayer en 2024.