Api'Week pour explorer
les secrets de la ruche

Article du 24 septembre 2026

Du 2 au 11 octobre 2026, la filière apicole française donne rendez-vous au grand public pour la 6e édition de l’Api’Week.

Organisée par l’interprofession InterApi, avec le soutien du ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Souveraineté alimentaire, de l’Union européenne et de FranceAgriMer, cette semaine nationale réunit apiculteurs, conditionneurs, distributeurs et organisations partenaires autour d’un même objectif : faire découvrir leurs métiers, leurs savoir-faire et toute la diversité des produits de la ruche.

Plus de 300 événements sont déjà annoncés à travers la France, et le programme continue de s’enrichir jusqu’à l’événement.

Une filière sous tension climatique

Cette édition intervient dans un contexte particulier. En 2025, la production française de miel a connu un net rebond, avec 34 568 tonnes récoltées, soit une hausse de 60,1 % par rapport à 2024, pour un rendement moyen de 24,6 kg par ruche, contre 15,2 kg l’année précédente. Une éclaircie qui ne doit pas masquer la fragilité structurelle de la filière : cette production ne couvre encore qu’environ 70 % de la consommation nationale, estimée à 50 000 tonnes en 2024, la France restant donc structurellement dépendante des importations.

Les canicules et la sécheresse de l’été 2026 offrent, par ailleurs, une illustration concrète des effets du changement climatique sur l’apiculture. Face aux fortes chaleurs, les abeilles consacrent davantage d’énergie à la thermorégulation de la colonie, ventilent la ruche et recherchent de l’eau, parfois en réduisant leur activité de butinage.

Dans le même temps, la chaleur et le manque d’eau raccourcissent certaines floraisons et réduisent les ressources en nectar disponibles pour les colonies. Pour certains apiculteurs, les pertes de récolte peuvent atteindre jusqu’à un tiers de leur production, et au-delà de 40°C, des pertes de couvain, de reines ou d’essaims entiers peuvent survenir dans les cas les plus extrêmes.

Face à ces bouleversements, les apiculteurs adaptent déjà leurs pratiques : points d’eau, ombrage, ventilation et isolation des ruches, évolution des pratiques de transhumance ou recherche de nouvelles ressources mellifères.

Le miel, entre terroirs et signes de qualité

Le miel reste le produit phare de la filière, mais il recouvre en réalité une grande diversité de profils. Les miels monofloraux (acacia, lavande, châtaignier…) sont issus principalement d’une même origine florale et présentent un goût plus typé que les miels polyfloraux, qui résultent du butinage de plusieurs espèces végétales.

Fait notable de ce millésime 2025 : l’acacia devient, avec environ 5 300 tonnes produites (15,2 % de la production), la première miellée monoflorale française, devançant le tournesol qui occupait cette place en 2024. Les miels toutes fleurs d’été restent toutefois majoritaires, avec 17,7 % des volumes.

Comme le vin ou le fromage, le miel bénéficie aussi de signes officiels de qualité. Quatre miels disposent aujourd’hui d’une IGP (Indication géographique protégée) : le miel d’Alsace, le miel de Provence, le miel de tilleul de Picardie (le plus récent, enregistré en novembre 2025) et le miel des Cévennes.

Deux autres sont reconnus en AOP (Appellation d’origine protégée), un cahier des charges plus strict encore puisqu’il impose que toutes les étapes de production, transformation et élaboration soient réalisées dans l’aire géographique définie : le miel de Corse et le miel de sapin des Vosges.

La dégustation du miel obéit d’ailleurs à une véritable discipline, parfois appelée miélologie, portée notamment par le Centre Apicole de Recherche et d’Information (CARI), qui a recensé près de 130 qualificatifs différents pour décrire les arômes du miel. Couleur, senteur, texture, puis goût en bouche : chaque miel raconte, à travers ces quatre étapes d’observation, l’histoire du terroir qui l’a vu naître.

Au-delà du miel

Si le miel reste le produit le plus connu, la ruche offre aux amateurs bien d’autres trésors. La gelée royale, sécrétée par les abeilles nourrices, constitue l’alimentation exclusive de la reine tout au long de sa vie.

Le pollen nourrit quant à lui les larves et les jeunes abeilles, tandis que la propolis, élaborée à partir de résines végétales, protège la ruche en assurant son isolation et sa défense contre les envahisseurs.

La cire, enfin, sécrétée par les glandes cirières des abeilles, sert à construire les rayons et à operculer les alvéoles.

Selon les derniers chiffres de FranceAgriMer, la France comptait en 2025 66 963 apiculteurs déclarés, produisant, outre les 34 568 tonnes de miel, 3,6 tonnes de gelée royale, 97 tonnes de pollen et près de 8 tonnes de propolis.

L'Alsace, terre de miel IGP

Plusieurs rendez-vous sont organisés en Alsace dans le cadre de cette Api’Week.

Dans le Bas-Rhin, à Wittersheim, Apiculture Hatsch ouvre sa boutique au public pour faire découvrir les miels d’Alsace et le savoir-faire apicole régional : les visiteurs pourront y déguster des miels labellisés « Saveurs d’Alsace Produit du terroir » et IGP Miel d’Alsace, découvrir les spécialités de l’exploitation, et profiter d’une exposition de matériel apicole ancien retraçant l’évolution des pratiques du métier (samedi 3 octobre de 8h à 12h et de 14h à 17h, mercredi 7 de 9h à 12h et de 14h à 18h, puis samedi 10 octobre de 8h à 8h30, sur inscription).

Dans le Haut-Rhin, c’est au sein du Super U d’Altkirch que les visiteurs pourront aller à la rencontre des apiculteurs partenaires du magasin, le samedi 10 octobre de 10h à 13h, pour échanger avec ces producteurs locaux et en apprendre davantage sur les miels élaborés à proximité.

Deux façons bien différentes, mais complémentaires, de plonger dans l’univers du miel d’Alsace : l’une au cœur même d’une exploitation, l’autre au plus près du quotidien des consommateurs.

Infos pratiques

  • Dates : du 2 au 11 octobre 2026
  • Lieux : partout en France, plus de 300 événements (visites d’exploitations, dégustations, ateliers, animations en magasin…)
  • Programme complet et mise à jour continue : www.apiweek.fr
  • Organisateur : InterApi, avec le soutien du ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Souveraineté alimentaire, de l’Union européenne et de FranceAgriMer

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