Sanctuaire du Mont Sainte-Odile

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Un lieu spirituel et panoramique chargé d'histoire

Perché à 763 mètres d’altitude, le Mont Sainte-Odile est l’un des sites les plus emblématiques d’Alsace. Ce sanctuaire, dédié à Sainte Odile, patronne de la région, est un haut lieu de pèlerinage mais aussi un site naturel d’une beauté à souper le souffle. Dès l’arrivée, le panorama sur la plaine d’Alsace et la Forêt-Noire offre un spectacle grandiose, invitant au calme et à la contemplation.

Fondé au Moyen Âge, ce monastère a traversé les siècles, devenant un symbole spirituel et culturel. Les visiteurs peuvent découvrir la chapelle des Larmes, la chapelle des Anges, ainsi que la célèbre source miraculeuse, liée à la légende de Sainte Odile. Un véritable voyage à travers l’histoire et la foi, dans un cadre naturel apaisant.

La légende d’Odile, née de la grâce et du pardon

La légende raconte qu’Odile, née aveugle et reniée par son père le duc Etichon d’Alsace, recouvra miraculeusement la vue le jour de son baptême, et que le duc, touché par la grâce de sa fille, lui offrit son château de Hohenbourg qu’elle transforma en couvent dont elle devint la première abbesse. Son frère Hugues la ramena auprès de son père, mais quand Etichon voulut la marier à un jeune prince, elle s’échappa : miraculeusement, un rocher s’ouvrit devant elle, et le duc céda. La sainte disparut aux alentours de 720. Ses reliques reposent toujours dans un sarcophage visible dans une chapelle de l’abbaye, lieu de pèlerinage de nombreux malades oculaires depuis des siècles. 

Un site chargé de chapelles et de mémoire

Le sanctuaire abrite une basilique du XVIIe siècle, quatre chapelles, un hôtel et un restaurant. Un chemin de croix, réalisé par le céramiste Léon Elchinger entre 1933 et 1935, orne les parois rocheuses du plateau du couvent. Les chapelles vouées à sainte Odile, à la Croix, aux Larmes et aux Anges, ainsi que la bibliothèque et les sculptures du cloître du monastère ont été classées au titre des monuments historiques dès 1840. Et c’est entre ces murs qu’entre 1169 et 1175, l’abbesse Herrade de Landsberg composa l’un des plus précieux manuscrits d’Europe : le Hortus Deliciarum, le Jardin des Délices.

Vendu, profané, puis rendu à la foi

La Révolution française porta un coup sévère à l’abbaye : vendue comme bien national en 1791, son sarcophage contenant les reliques de sainte Odile fut profané en 1794, bien que celles-ci aient été sauvées in extremis. Rachetée par l’évêché de Strasbourg en 1853, elle retrouva sa vocation monacale et accueillit même, en 1988, le pape Jean-Paul II, consacrant son rayonnement spirituel bien au-delà de l’Alsace. 

Le mur païen, l'énigme des 11 kilomètres

En empruntant certains chemins de randonnée pour accéder au mont, on peut longer le mur païen, enceinte de 11 kilomètres pouvant atteindre 3 mètres de haut, qui constitue encore un mystère débattu entre archéologues. La construction en appareil cyclopéen, aux blocs liés par des tenons en bois à double queue d’aronde, a suscité bien des interrogations.

On a longtemps estimé que le mur avait été érigé à l’époque proto-celtique ou celtique, entre l’an 1000 et l’an 100 avant notre ère.

Mais en 2015, une étude approfondie couplant l’examen de l’ensemble des fouilles et la datation par dendrochronologie a amené les chercheurs à exclure une construction à l’époque celtique ou romaine et à privilégier l’hypothèse mérovingienne.

Défensive ou cultuelle, sa vocation même reste ouverte, ce qui ne fait qu’ajouter au charme envoûtant de la balade en forêt.

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