Le Mont-Saint-Michel alsacien
Culminant à 437 mètres dans le Parc Naturel Régional des Vosges du Nord, le mont Saint-Michel de Saint-Jean-Saverne est habité ou visité depuis au moins 6 000 ans. Offrant une vue panoramique exceptionnelle sur la plaine d’Alsace aux approches de Saverne, le rocher présentait un intérêt stratégique indéniable, au cœur d’une zone de forte occupation humaine, véritable conservatoire archéologique.
Trois points d’arrêt, trois univers
Le site se compose de trois points particulièrement attractifs concentrés dans une zone de quelques centaines de mètres. La chapelle Saint-Michel d’abord, dont la vue depuis la plateforme dégagée embrasse la plaine d’Alsace, la cathédrale de Strasbourg par temps clair, et les crêtes vosgiennes. La chapelle construite en 1593 lors de la fondation de la confrérie du même nom présente des traces d’aménagements antérieurs sur deux niveaux à son extrémité orientale.
À quelques pas, le Rond des Sorcières, ou Hexenkreis en alsacien. Il s’agit d’une excavation circulaire de 4,6 mètres de diamètre creusée dans la roche, depuis laquelle, selon la légende, les sorcières enfourchaient leur balai pour rejoindre le Bastberg, la montagne des sorcières, au-dessus de Bouxwiller. Selon certains auteurs, cet ensemble cultuel correspondrait à un sanctuaire d’époque romaine dédié à Mithra.
En contrebas, la Grotte des Fées, ou Hexenhöhle, recèle l’élément le plus troublant du site. On y trouve un sarcophage creusé au milieu de la grotte, une tombe anthropomorphe taillée à même le rocher, où la tradition populaire voit la tombe d’Itha, une femme emmurée vive sur ordre de son mari horrifié par ses pratiques de sorcière. Cette grotte, profonde de 20 mètres, fut habitée par un chapelain au XIVe siècle puis par des ermites et leurs familles du XVIe au XVIIIe siècle.