À mi-chemin entre art décoratif et mémoire du quotidien, le papier peint raconte bien plus que ce que l’on voit au premier regard. Il porte en lui les goûts d’une époque, les aspirations d’un intérieur, les savoir-faire d’une manufacture. Installé à Rixheim, en Alsace, ce musée labellisé Musée de France invite à redécouvrir un art que l’on croyait familier et qui, à chaque visite, réserve bien des surprises.
Un art décoratif à travers les siècles
Installé dans la Commanderie de Rixheim, un édifice chargé d’histoire au cœur de l’Alsace, ce musée labellisé Musée de France est l’un des rares établissements au monde entièrement consacrés au papier peint. Sa collection, exceptionnelle par son ampleur et sa diversité, couvre plus de trois siècles de création, des papiers dominotés du XVIIIe siècle jusqu’aux créations numériques des designers d’aujourd’hui.
Le parcours retrace toute l’histoire d’un art décoratif en perpétuelle évolution. On y découvre comment le papier peint, d’abord fabriqué artisanalement feuille par feuille, s’est progressivement mécanisé au XIXe siècle grâce à l’impression au rouleau et à l’essor de la vapeur, rendant possible une production à grande échelle et démocratisant ainsi la décoration intérieure. Les manufacturiers rivalisaient alors d’ingéniosité pour breveter de nouvelles techniques comme le gaufrage, la dorure, le satinage ou encore le trompe-l’œil, capables d’imiter les matières les plus nobles telles que les soieries, les cuirs, les dentelles ou les marbres.
Mais le musée ne se limite pas à l’aspect technique. Il révèle également la dimension sociale et culturelle du papier peint, véritable témoin de son époque. Chaque motif, chaque coloris, chaque style reflète les goûts, les aspirations et le positionnement social de ceux qui ornaient leurs intérieurs de ces décors, de l’Art Nouveau à l’Art Déco, du Mouvement Moderne aux audaces Pop des années 1970. À travers les collections, c’est toute l’intimité des foyers et l’histoire des grandes manufactures qui se dévoilent.
Aujourd’hui, le musée s’inscrit également dans le présent en documentant le renouveau du papier peint porté par les designers et artistes contemporains depuis les années 2000, une renaissance qui confirme la vitalité de cet art décoratif souvent sous-estimé.